vendredi 05 novembre 2004

Ecouter l'Amérique

Au vu des commentaires sur la réélection de George W. Bush, on pourrait croire que le ciel est tombé sur la tête des Gaulois. Rien de plus catastrophique ne pouvait arriver à la France, vraiment ? N'en déplaise à l'ami Michael Moore, bien discret depuis mercredi, il serait peut-être temps, quand il est question de l'Amérique, de faire un usage plus modeste du génie français. La victoire de Bush invite plutôt à réévaluer avec un peu de bon sens l'action internationale du président américain. Et, en dépit de son péché unilatéraliste originel, à soutenir son ambitieux projet de promouvoir la démocratie dans le monde arabo-musulman. Car Bush Jr a eu le rare mérite, avec quelques autres dirigeants comme Tony Blair, de saisir la portée des attentats du 11 septembre 2001. Il a compris qu'une guerre d'un type inédit avait été déclarée à l'Occident par les derniers suppôts du totalitarisme, les hyperterroristes djihadistes. Il a vu le terrible danger d'un rapprochement de ses derniers avec des Etats hors la loi et détenteurs d'armes de destruction massive. Pour infléchir la politique de l'Amérique, il faut d'abord se comporter avec elle en véritable allié. Malgré le style parfois arrogant de l'administration Bush. Etait-il d'ailleurs si méprisable de renverser deux régimes dictatoriaux et subversifs, ceux des talibans et de Saddam Hussein ? Les désaccords sur le dossier israélo-palestinien, la brouille initiale sur la guerre d'Irak et la gestion catastrophique par les Américains de l'après-invasion justifient-ils que la France reste éternellement au balcon ? Le monde passe son temps à demander à l'Amérique de l'écouter. Pourquoi ne pas maintenant écouter l'Amérique qui a plébiscité Bush ? Qu'importe finalement les positions de départ sur le dossier irakien. Car l'issue de la bataille d'Irak, jugée stratégique par les djihadistes, ne concerne pas que l'Amérique de Bush. Son échec, dans ses conséquences, serait aussi celui des Européens. L'islamisme guerrier ne s'arrêterait pas en si bon chemin. Conscients de l'enjeu, 12 des 25 pays membres de l'Union européenne ont déjà près de 17.000 soldats sur le territoire irakien. En attendant l'émergence d'une Europe puissance, alliée des Etats-Unis mais plus autonome, la France serait bien inspirées d'œuvrer pour refaire l'unité des 25 afin de relever, avec les Américains, le défi de l'heure : pacifier l'Irak pour y permettre la tenue d'élections libres.

© Yahoo! Actualités

jeudi 04 novembre 2004

Un vrai Américain

Le triomphe électoral de George Walker Bush n'a rien de surprenant, même si le reste du monde n'en revient pas. Car " W " incarne l'Amérique réelle. Pas celle de New York et de la Californie, minoritaire, que les étrangers connaissent. Celle-là a voté John F. Kerry. Mais, entre les Etats de la côte nord-est et de la côte ouest, il y a tout un pays qui se reconnaît dans Bush Jr. Cette Amérique-là, majoritaire, a réélu un président qui partage ses principes traditionnels sur le travail et la famille, la patrie et la religion. Les sondages à la sortie des urnes ont révélé que les valeurs morales des candidats avaient été le premier critère des électeurs. Avant leurs prises de position sur le terrorisme, l'Irak ou l'économie. La réélection de Bush symbolise l'émergence d'une majorité culturelle qui rejette les excès de la révolution des mœurs lancée dans les années 60. Ce qu'a confirmé la victoire par référendum des partisans de l'interdiction du mariage homosexuel par la Constitution de 11 Etats. Les électeurs de Bush ont aussi plébiscité un homme plus à l'aise à leur contact que dans le microcosme de Washington. Un président aux messages simples qui leur parle dans un langage franc et direct. Un leader qui croit sans complexe à la mission universaliste de l'Amérique et affiche sa détermination à faire prévaloir ses convictions. Un dirigeant qui peut commettre des erreurs, mais dont la main ne tremble pas. Bush a la réputation de dire ce qu'il fera et de faire ce qu'il a dit. En ces temps de guerre contre le terrorisme, son caractère bien trempé rassure l'Amérique réelle.

© Yahoo! Actualités

mercredi 03 novembre 2004

Savoir perdre

George W. Bush peut sabler le champagne. John F. Kerry a reconnu la victoire sans bavure du président sortant. L'équipe démocrate a visiblement eu besoin d'un peu de temps pour digérer le résultat de l'élection. Mais, en homme politique responsable, le sénateur du Massachusetts a résisté à la tentation d'entraîner l'Amérique dans une nouvelle aventure juridique qui aurait durablement divisé le pays. Et cela en pure perte. Car l'Ohio 2004, où Bush l'emporte avec près de 140.000 voix d'avance, n'a rien à voir avec la Floride 2000, où son avance finale n'avait été que de 537 suffrages. Le président réélu devrait obtenir, une fois tous les résultats proclamés, une confortable majorité de 286 grands électeurs sur 538 dans le collège électoral (31 Etats sur 50 pour Bush). Il gagne également de manière indiscutable le vote populaire au niveau national, avec un avantage de plus de 3,5 millions de voix sur Kerry. Les Américains ont donc réélu Bush Jr mieux qu'ils ne l'avaient élu il y a quatre ans. En 2000, son avance sur Al Gore n'avait été que de 5 grands électeurs et il avait perdu le vote national de quelque 500.000 voix. Pour son second mandat présidentiel, George W. Bush aura de ce fait les coudées franches, d'autant que le Parti républicain a conforté sa majorité au Congrès fédéral. Comme les démocrates et les électeurs de Kerry, le reste du monde va devoir maintenant digérer la victoire du président le plus impopulaire de la planète. Car le peuple américain s'est prononcé souverainement. Et il a renvoyé sans hésiter Bush à la Maison Blanche pour quatre années supplémentaires.

© Yahoo! Actualités

Kerry s'accroche

La course à la Maison Blanche 2004 va-t-elle se transformer en empoignade juridique, à l'image de l'élection présidentielle américaine d'il y a quatre ans ? Ce n'est encore qu'une possibilité, mais la décision de John F. Kerry de ne pas concéder l'Ohio à George W. Bush fait craindre une réédition, dans cet Etat du Midwest, du scénario cauchemardesque de la Floride en 2000. A l'époque, il avait fallu attendre 36 jours pour que Bush soit proclamé vainqueur face au démocrate Al Gore. Ce mercredi matin, les projections des chaînes de télévision NBC et Fox News attribuant l'Ohio au président sortant lui assuraient virtuellement un second mandat. Bush disposait alors de 269 grands électeurs sur les 270 nécessaires pour avoir la majorité dans le collège électoral. Pour l'emporter, il ne devait plus gagner que dans un seul Etat. Ce qu'il faisait un peu plus tard avec le Nevada. Mais le camp Kerry conteste le pronostic dans l'Ohio et les autres grandes chaînes de télévision, ABC, CBS et CNN, hésitent à attribuer à Bush les 20 grands électeurs de cet Etat dont le scrutin leur semble trop serré pour réaliser une prévision fiable. Le candidat démocrate renonce d'autant moins à son ambition présidentielle que les résultats de trois autres Etats se font également attendre en raison de leur incertitude. En dépit de cette péripétie, la tendance semble néanmoins favorable à Bush, que ce soit dans l’Ohio, au niveau national (il bat Kerry 51% à 48%) et au Congrès des Etats-Unis, où le Parti républicain renforce son emprise. Wait and see…

© Yahoo! Actualités

Bush en tête

L'Amérique ne connaît pas encore le nom de son président pour les quatre prochaines années. Mais George W. Bush apparaît en bonne position, mercredi matin, pour obtenir un second mandat, d'après les projections des médias américains. Cinq heures et demi après la fermeture des premiers bureaux de vote sur la côte est, et alors que seuls les électeurs de l'Alaska se rendaient encore aux urnes, le président sortant devançait John F. Kerry, après avoir remporté la Floride. Les 27 grands électeurs de cet Etat stratégique lui assuraient un total de 246 voix au sein du collège électoral (un candidat doit obtenir 270 grands électeurs sur 538 pour être élu). Kerry, pour sa part, disposait de 216 grands électeurs. Bush battait aussi son rival démocrate pour le vote national (51% des suffrages contre 48%). Mais tout n'était pas perdu, loin de là, pour le sénateur du Massachusetts. Huit Etats sur cinquante et leurs grands électeurs respectifs (dont l'Ohio et ses 20 voix) restaient à attribuer, permettant encore à Kerry d'espérer renverser la tendance et remporter la course à la Maison Blanche. Les résultats y semblaient en effet trop serrés aux médias américains pour qu'ils se risquent à des pronostics. Le fait le plus notable de la nuit électorale aura été de constater que, jusqu'à présent, les Etats qui avaient voté Bush en 2000, ont voté Bush en 2004. Et que ceux qui avaient voté pour le démocrate Al Gore il y a quatre ans, ont voté pour Kerry cette année. Une impressionnante stabilité de l'électorat qui fait pour l'instant le jeu du président sortant.

© Yahoo! Actualités

La rumeur Kerry

La nuit électorale américaine s'annonce électrique ! Rompant avec les promesses de prudence des grands médias pour l'annonce des résultats de la présidentielle, des sites Internet ont créé la surprise en lançant la rumeur d'une avance de John F. Kerry sur George W. Bush dès le début de l'après-midi aux Etats-Unis. Le premier à ouvrir le feu a été l'enfant terrible du Net politique américain, Matt Drudge, rendu célèbre par ses scoops durant l'affaire Monica Lewinski. Affirmant disposer par indiscrétion de sondages préliminaires à la sortie des urnes, le Drudge Report donnait Kerry en tête dans trois Etats clés : la Floride, l'Ohio et la Pennsylvanie. Si cela se confirmait, le candidat démocrate aurait course à la Maison Blanche gagnée. D'autres sites Internet, disposant apparemment des mêmes chiffres, confirmaient la tendance pro-Kerry. Ces premiers chiffres ne pouvaient prendre en compte que les votes de la matinée. La rumeur était toutefois prise assez au sérieux à Wall Street, peu favorable à la victoire de Kerry, pour provoquer une chute inattendue de la bourse à seulement une demi-heure de la clôture. Les blogs, ces sites personnels tenus par des journalistes et des commentateurs, auront-ils brûlé la politesse aux médias traditionnels en annonçant les premiers le nom du prochain président ? Il faudra attendre au minimum quelques heures pour le savoir. Car les projections concernant les premiers Etats ayant terminé de voter, donnés à partir de 01h00 par les chaînes de télévision américaines, ne révélaient encore aucune indication sérieuse sur l'issue du scrutin.

© Yahoo! Actualités

mardi 02 novembre 2004

And the winner is...

George W. Bush affiche une mine de vainqueur. John F. Kerry également. A quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote, un candidat se doit d'afficher la confiance d'un gagnant. Lundi, pour leur dernière journée de meetings électoraux, Bush et Kerry ont fait assaut de jovialité et d'humour. Car la dynamique de victoire affichée par un prétendant peut convaincre les derniers électeurs indécis de voter pour lui. Pourtant, il ne fallait pas être devin pour imaginer l'état d'épuisement et d'anxiété des deux adversaires, après huit mois de campagne acharnée, plus de six cent millions de dollars de spots télévisés et à la veille d'un scrutin incertain. Bush et Kerry ont multiplié lundi de manière frénétique les meetings dans les Etats incertains, répétant leurs arguments comme des automates. On aurait dit des boxeurs sonnés durant leur dernier round. Deux incertitudes vont dominer la journée et la nuit électorales. D'abord, qui l'emportera ? Les sondages penchent légèrement pour Bush. Le président sortant semble avoir la victoire à sa portée. Mais la participation record annoncée pourrait finalement faire le jeu de Kerry, les démocrates ayant réussi à inscrire plus de nouveaux électeurs potentiels que les républicains dans les Etats clés de Floride et de l'Ohio. Le ras-le-bol de Bush l'emporterait alors. Ensuite, le nom du vainqueur sera-t-il connu mercredi ou un résultat serré ouvrira-t-il la voie à une avalanche de contestations et de recomptages des suffrages ? La vraie surprise de ce scrutin serait un raz-de-marée pour Bush ou Kerry. Mais il ne faut pas l'exclure.

© Yahoo! Actualités

lundi 01 novembre 2004

Halloween électoral

L'apparition fantomatique d'Oussama ben Laden sur les écrans de télévision jouera-t-elle en faveur de George W. Bush ou de John F. Kerry ? En s'invitant dans la campagne électorale, en ouverture du week-end d'Halloween et à quatre jours de la présidentielle, le chef terroriste a sidéré l'Amérique. L'indécente leçon de choses de l'auteur des attentats meurtriers du 11 septembre 2001 a également révulsé les Américains. Et affolé des états-majors politiques obnubilés par ces quelques pour cent d'électeurs indécis que le moindre événement peut faire basculer dans un camp ou dans l'autre. Bush tirera-t-il profit de la violente diatribe que lui a consacré Ben Laden ? Réélire le président sortant peut paraître à l'électeur la réponse la plus cinglante aux rodomontades du parrain djihadiste. Par ailleurs, les Américains font plus confiance à Bush qu'à Kerry pour combattre la menace terroriste spectaculairement réactualisée par l'intervention du chef d'Al-Qaïda. Mais l'électorat peut aussi voir dans la provocation de Ben Laden la meilleure preuve de l'échec du président à le mettre hors d'état de nuire, trois ans après les attaques de New York et Washington. Ce qui donnerait raison à Kerry. Le candidat démocrate accuse en effet sans discontinuer son adversaire de s'être laissé distraire, par sa funeste obsession irakienne, de la traque prioritaire de l'ennemi numéro un des Etats-Unis. Ni l'équipe Bush, ni l'équipe Kerry, ni aucun analyste politique ne se risque en tout cas à un pronostic sur l'impact électoral de la dernière vidéo de Ben Laden. La réponse sortira des urnes.

© Yahoo! Actualités

vendredi 29 octobre 2004

Une même Amérique

La France et le reste du monde retiennent leur souffle, à quatre jours d'un scrutin présidentiel américain incertain. Comme si un deuxième mandat de George W. Bush ou, au contraire, l'arrivée de John F. Kerry à la Maison Blanche changerait la face de l'univers. A écouter le président sortant et son challenger, qui s'accusent mutuellement d'incompétence crasse pour assumer la charge de commandant en chef, on pourrait croire que l'élection de l'un ou de l'autre offrirait une politique étrangère des Etats-Unis très différente. Il n'en est rien. Les propos incendiaires échangés sans répit par Bush et Kerry sur l'Irak et le terrorisme n'ont d'autre but que d'influencer les électeurs indécis des Etats où le vote s'annonce serré. Le plus convaincant sera élu le 2 novembre. Mais, dans la pratique, celui qui dirigera l'Amérique durant les quatre années à venir devra affronter les mêmes défis. Et les réponses données par Bush ou Kerry ne seront pas fondamentalement différentes. Sur la forme, une administration démocrate sera certainement plus consensuelle avec ses alliés. Surtout si elle obtient un consensus servant son combat prioritaire contre le terrorisme et la prolifération nucléaire. Mais l'Amérique continuera de décider fondamentalement seule comment affronter la menace apparue le 11 septembre 2001. Bush, soucieux de terminer sa présidence sur un second mandat moins polémique, pourrait même se révéler peu enclin à montrer une nouvelle fois ses muscles. Kerry, lui, devrait au contraire prouver à ses concitoyens qu'il a la trempe nécessaire pour être réélu en 2008.

© Yahoo! Actualités

jeudi 28 octobre 2004

Election en cours

Comme tous les quatre ans, les Américains choisiront leur président le premier mardi de novembre. Officiellement. Car, de fait, le 2 novembre sera le dernier jour du scrutin. Et un électeur sur cinq aura déjà déposé son suffrage dans l'urne avant même l'ouverture des bureaux de vote ce jour-là. Pas moins de 32 Etats sur 50 donnent en effet à leurs habitants l'occasion de voter par anticipation durant les deux semaines précédant la date officielle de l'élection. Pour éviter de trop longues files d'attente. Plus de 10% des inscrits avaient déjà accompli leur devoir électoral le week-end dernier. Quelque 10% supplémentaires le feront avant mardi. L'élection a également déjà débuté sur le plan juridique. Des dizaines de plaintes pour des irrégularités électorales ont déjà été déposées dans plusieurs Etats par des avocats représentant les démocrates ou les républicains. Les motifs varient, concernant par exemple l'inscription d'électeurs ou le lieu où ceux-ci peuvent voter. En Floride, où le décompte litigieux des suffrages avait retardé de 36 jours la proclamation du vainqueur de la présidentielle 2000, quelque 58.000 bulletins de vote par correspondance ont, semble-t-il, disparu dans la nature. Les camps Bush et Kerry ayant chacun mobilisé une armée d'avocats dans chaque Etat, un résultat serré le 2 novembre promettrait une deuxième manche juridique à côté de laquelle l'imbroglio d'il y a quatre ans ressemblerait à une plaisanterie. Pourvu qu'un des deux prétendants à la Maison Blanche l'emporte franchement pour éviter une nouvelle mésaventure à la démocratie américaine.

© Yahoo! Actualités

mercredi 27 octobre 2004

Débats de fond

George W. Bush et John F. Kerry n'ont rien de donzelles se livrant à une partie de badminton. Avec leurs colistiers, Dick Cheney et John Edwards, leur affrontement relève plutôt du catch à quatre. Mais leurs échanges virils ne diminuent pas l'intérêt du riche débat contradictoire qu'ils offrent à leurs concitoyens. Même s'il apparaît de bon ton, en Europe, de dénigrer les campagnes électorales américaines comme agressives, manipulatrices et simplificatrices. La faute, bien sûr, à la supposée incapacité de nos cousins du Nouveau monde à suivre un échange d'idées sophistiquées. En réalité, il serait temps de remettre les pendules à l'heure de ce côté-ci de l'Atlantique. Bush et Kerry débattent, depuis mars dernier, de sujets aussi fondamentaux que la lutte antiterroriste, l'avenir du Moyen-Orient ou la prolifération nucléaire. Ils s'affrontent aussi sur les solutions pour réformer la fiscalité, la sécurité sociale et les retraites. Excusez du peu ! Enfin, au passage, ils discutent de la place des homosexuels dans la société ou du financement public de la recherche sur les cellules souches. Tout cela donna lieu à quatre débats télévisés de 90 minutes chacun. Alors, si Bush et Kerry caricaturent les positions de l'adversaire, s'empoignent verbalement et échangent quelques noms d'oiseaux, ils ont raison. C'est plus amusant à suivre. Et ce n'est rien en comparaison des insultes balancées par des prétendants à la Maison Blanche du 19e siècle qui traitèrent le républicain Abraham Lincoln ou le démocrate Grover Cleveland de " babouin grotesque " ou de " crétin alcoolique ".

© Yahoo! Actualités

mardi 26 octobre 2004

Final explosif

Bill Clinton à ses côtés pour les derniers jours, plus la nouvelle que l'administration Bush aurait perdu la trace en Irak de 380 tonnes d'explosifs pouvant servir à fabriquer une bombe nucléaire. A une semaine du scrutin présidentiel, John F. Kerry ne doit pas en croire sa chance. Et George W. Bush ne peut que se demander si cela vaut vraiment la peine d'encore prier tous les matins à la Maison Blanche comme il le fait depuis quatre ans. Car le Bon Dieu semble ne pas être très attentif à son sort dans la dernière ligne droite de la campagne 2004. Le président sortant ne peut en effet que craindre l'effet Clinton sur l'électorat démocrate, surtout sur la population noire jusque-là peu motivée pour voter Kerry. L'apparition de dernière minute de l'ex-président démocrate, très médiatisée, peut contribuer à la mobilisation des Noirs le jour du scrutin et, du coup, à l'éventuelle victoire du sénateur du Massachusetts. Mais rien ne pouvait arriver de pire au commandant en chef Bush que l'information, dans l'édition de lundi du quotidien New York Times, de la disparition des explosifs en Irak. Kerry a beau jeu de parler de gaffe et d'incompétence. Voilà en effet un président qui déclenche une guerre pour mettre l'Amérique à l'abri d'armes de destruction massive qui pourraient tomber entre les mains de terroristes. Et son armée laisse dans la nature, à la disposition du premier venu, du matériel pouvant servir de détonateur à une bombe nucléaire. On croit rêver. Si Bush perd l'élection après cette révélation, franchement, il l'aura bien cherché…

© Yahoo! Actualités

lundi 25 octobre 2004

Rap électoral

Si Eminem va voter, alors la participation électorale devrait battre son record historique. Après le rocker Bruce Springsteen, l'autre enfant terrible de l'Amérique s'est engagé à sa manière dans la campagne présidentielle 2004. Le rappeur de Detroit, star adulée des jeunes du monde entier, a annoncé qu'il accomplirait son devoir civique pour la première fois de sa vie. A 32 ans. Eminem a précisé que George W. Bush n'était pas son "pote" et qu'il penchait pour John F. Kerry, mais qu'il réfléchissait encore. Son message principal n'était toutefois pas partisan. Adulé par une jeunesse plutôt apolitique, il l'a appelée à croire en l'importance du vote. Cette apparition du rappeur blanc sur la scène électorale témoigne de l'extraordinaire intérêt que suscite le duel Bush-Kerry dans toutes les couches de la société américaine. Il y a quatre ans, quelque cent millions d'électeurs s'étaient rendus aux urnes pour l'affrontement Bush-Gore. Grosso modo un Américain sur deux en âge de voter. Cette année, les observateurs s'attendent à une participation sans précédent. A huit jours du scrutin du mardi 2 novembre, George W. Bush et John F. Kerry n'ont d'ailleurs plus qu'une priorité : mobiliser leur électorat. Car la victoire dépendra autant de la conversion des derniers indécis que du déplacement au bureau de vote des électeurs déjà acquis à leur cause. Leurs armées respectives de militants vont passer cette dernière semaine de campagne à téléphoner, envoyer des e-mails, frapper aux portes. Pour qu'aucune voix ne manque à l'appel. Celle d'Eminem sera en tout cas au rendez-vous

© Yahoo! Actualités

vendredi 22 octobre 2004

Boule de cristal

Les sondeurs sont-ils devenus fous ? Depuis début septembre, ils ont donné George W. Bush gagnant, ensuite John F. Kerry, puis à nouveau Bush… Et, aujourd'hui, à une grosse semaine du scrutin, les instituts de sondage nous les présentent tous les deux virtuellement à égalité, même si certains francs-tireurs annoncent la victoire de l'un ou de l'autre. En fait, ce ne sont pas les sondeurs qui ont perdu la tête. C'est l'électorat qui se gratte la sienne. Quelles tendances retenir ? Sans oublier que les intentions de vote au niveau national n'offrent qu'une indication sur la direction du vent. L'élection américaine, indirecte, se joue Etat par Etat, chacun des cinquante membres de l'Union ayant un quota de grands électeurs (équivalent à son nombre d'élus au Congrès). Il faut remporter la majorité du collège de ces 538 grands électeurs pour devenir président. Les sondages sur les intentions de vote dans une dizaine d'Etats indécis sont donc plus déterminants à l'heure qu'il est que les projections nationales. Pour faire simple, une légère brise souffle en faveur de Bush pour l'ensemble des Etats-Unis, mais en faveur de Kerry au niveau des Etats cruciaux. Une courte majorité d'Américains changerait volontiers de président, mais une écrasante majorité a peur de changer de commandant en chef au milieu du gué terroriste. Et celui qui prédirait le résultat du 2 novembre serait génial ou arrogant, car quelque 15% des sondés se déclarent encore influençables. Dans une atmosphère électorale aussi volatile, le moindre petit événement peut faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre.

© Yahoo! Actualités

jeudi 21 octobre 2004

Les ladies

Les seuls vrais gentlemen de cette campagne électorale américaine sont les épouses des candidats à la Maison Blanche. Alors que George W. Bush et John F. Kerry s'étripent à longueur de journée, Laura et Teresa font, elles, assaut de civilités. Mercredi encore, George et John se livraient dans l'Iowa à une de ces batailles de bac à sable verbales dont ils ont le secret. Le même jour, Teresa Heinz Kerry demandait publiquement des excuses à Laura Bush pour avoir déclaré, dans l'édition du matin du quotidien USA Today, que la première dame des Etats-Unis n'avait jamais vraiment travaillé dans sa vie. Un porte-parole du président réagissait immédiatement et accablait la femme du candidat démocrate pour avoir oublié le passé d'enseignante et de bibliothécaire de Madame Bush. Il ajoutait que, pour beaucoup d'Américaines, s'occuper de son foyer et élever ses enfants constitue aussi un vrai travail. Mais Laura Bush, pour sa part, n'a fait aucun reproche à celle qui voudrait lui piquer sa place à la Maison Blanche. Elle déclara même que la pression d'une campagne électorale et la multiplication des discours et des interviews rendaient inévitables ce genre de petit dérapage. Tous les téléspectateurs du premier débat présidentiel se souviennent d'ailleurs qu'à l'issue de la confrontation entre leurs maris, Laura et Teresa, habillées toutes les deux de blanc, avaient donné le signal des embrassades entre les familles Bush et Kerry. Si on ne sait pas encore qui sera élu président le 2 novembre prochain, une chose est d'ores et déjà certaine : la First Lady aura bien mérité son titre.

© Yahoo! Actualités

mercredi 20 octobre 2004

Le vote black

John F. Kerry a négligé la communauté noire durant sa campagne électorale. Ses suffrages risquent pourtant d'être décisifs. Car l'élection présidentielle va se jouer dans trois Etats (Floride, Ohio et Pennsylvanie) à forte population afro-américaine. Si trop de Blacks s'abstiennent ou votent pour George W. Bush, le sénateur du Massachusetts pourra oublier la Maison Blanche. L'équipe Kerry a estimé que l'électorat noir, historiquement démocrate, lui était acquis. Et que l'épouvantail Bush ne pouvait que conforter cette tradition. Kerry n'a pas écouté les leaders noirs qui lui reprochaient de ne pas avoir assez de représentants des minorités dans son équipe de campagne. Il n'a pas tenu compte non plus de l'irruption d'une classe aisée black séduite par la politique économique des républicains. Les deux John, Kerry et son colistier Edwards, ne s'agitent que depuis quelques semaines. Chaque dimanche, ils assistent maintenant à un office religieux dans un quartier noir. Trop tard ? D'après un sondage récent faisant référence, 69% des Noirs ont l'intention de voter Kerry contre 18% pour Bush. Inquiétant pour le sénateur, car, il y a quatre ans, le même sondage donnait 74% au démocrate Al Gore contre 9% à Bush. Il faut dire que Kerry, élu du Nord-Est de l'Amérique, n'a pas, pour les Afro-américains, le charisme du sudiste Bill Clinton. De plus, Bush peut se prévaloir de la présence de Noirs, comme Colin Powell ou Condoleezza Rice, à des postes stratégiques de son administration. Le 2 novembre, les Blacks voteront majoritairement Kerry, mais combien manqueront à l'appel ?

© Yahoo! Actualités

mardi 19 octobre 2004

Sous la ceinture

La grippe et l'homosexualité sont devenus brusquement les sujets dont tout le monde parle outre-Atlantique. George W. Bush et John F. Kerry continuent bien sûr d'enfoncer le clou sur les principaux thèmes électoraux: la lutte contre le terrorisme et la guerre d'Irak, l'emploi, les impôts et la sécurité sociale. Mais chacun des candidats doit affronter une nouvelle polémique potentiellement mortelle pour ses chances d'être élu le 2 novembre. Kerry exploite la pénurie de vaccins anti-grippe à la veille de l'hiver, due à la suspension par les autorités sanitaires anglaises de la production du laboratoire principal fournisseur des Etats-Unis, basé en Grande-Bretagne. Du coup, il manque la moitié des doses prévues et les seniors patientent dans de longues files d'attente pour être vaccinés. Ce n'est pas du meilleur effet sur les écrans de télévision et Kerry a transformé l'affaire en symptôme de l'indifférence de Bush pour la santé des Américains les plus fragiles. Le président sortant n'est toutefois pas le seul à avoir un gros souci de dernière minute. De son côté, le sénateur du Massachusetts doit justifier l'utilisation politique qu'il a faite, durant son dernier débat télévisé avec Bush, de l'homosexualité déclarée de la fille du vice-président Dick Cheney. Toucher à la famille de son adversaire politique n'est pas bien vu en Amérique. Kerry plaide la candeur, mais les parents Cheney ont exprimé leur colère et les républicains accusent le rival de Bush d'être vraiment prêt à tout pour gagner l'élection. On n'en finit pas de compter les coups bas dans cette campagne 2004…

© Yahoo! Actualités

lundi 18 octobre 2004

Démagos à gogo

Fi de la moindre subtilité ! L'heure est à la démagogie populiste. A deux semaines de l'élection, George W. Bush et John F. Kerry se caricaturent respectivement sans états d'âme. Bush dénonce le candidat démocrate comme un " libéral ". En France, cela équivaudrait à qualifier Kerry de gauchiste, même si, dans le paysage politique européen, il se situerait en réalité au centre-droit. Mais, aux Etats-Unis, cela équivaut presque à traiter Kerry de mauvais Américain. Et le président agite l'épouvantail de l'Etat fédéral confiscant le système de santé et organisant la pénurie des soins et des médicaments si son adversaire était élu. En réponse, Kerry accuse Bush d'avoir un plan secret pour privatiser l'assurance-maladie au profit des classes aisées au lendemain de son éventuelle réélection. Car le sénateur du Massachusetts dépeint le locataire actuel de la Maison en Blanche en candidat des riches qui n'aurait cure du sort de monsieur Tout-le-monde. Il répète à l'envi que celui-ci souffre à boucler ses fins de mois parce que Bush a réduit les impôts des plus fortunés. Si vous réélisez Bush, martèle-t-il, la classe moyenne va basculer dans la pauvreté. Les deux rivaux n'hésitent évidemment pas à promettre que leur programme électoral apportera prospérité, santé et éducation à tous leurs concitoyens. Même si le trou gigantesque du déficit public ne donnera guère de marge budgétaire au vainqueur du scrutin du 2 novembre. Mais qu'importe pour Bush, le champion du vrai Américain, et Kerry, le héraut de l'Américain moyen. La victoire sera à ce prix…

© Yahoo! Actualités