L’accord de paix non officiel lancé ce 1er décembre à Genève par des personnalités israéliennes et palestiniennes a l’immense mérite d’offrir une alternative au tête-à-tête meurtrier qui oppose depuis trois ans le gouvernement d’Ariel Sharon et les groupes palestiniens. Ce plan de bon sens présente des solutions concrètes aux questions les plus épineuses et prévoit des concessions majeures de part et d’autre. Œuvre de deux anciens ministres israélien et palestinien, il a reçu un formidable appui international, égal à la frustration du monde entier devant ce conflit sans fin apparente. Sans surprise, le chef du gouvernement israélien, Ariel Sharon, et le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, ont fait respectivement ce qu’ils font le mieux : refuser pour le premier, biaiser pour le second. Ariel Sharon ne veut rien savoir de l’initiative de Genève, affirmant que seule la feuille de route compte, autre plan de paix auquel il s’était pourtant opposé avant de l’accepter sous la pression américaine. Yasser Arafat la soutient sans toutefois l’approuver, tout en laissant son parti, le Fatah, la refuser. Mais au-delà des entêtements stériles de ces deux partenaires de guerre, l’initiative de Genève doit avant tout convaincre les peuples israélien et palestinien qu’un autre Proche-Orient est possible. Cela prendra du temps, mais il n’y pas d’autre voie que de semer un espoir de paix là où seule la pulsion de guerre semble actuellement pousser.
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