Après deux mois du blocus imposé par Moscou, l'économie lituanienne est à bout de souffle. Faute de matières premières, en premier lieu de pétrole et de gaz, le chômage technique se généralise et la pénurie menace
Au pied de l'imposante cathédrale blanche de Vilnius, une roulotte de bois vert. Avec un écriteau : "Par ma grève de la faim, mes prières et les symboles de la croix, j'implore le Tout-Puissant de libérer la Lituanie de cette prison des nations. Petras Cidzikas".
Dans une Algérie récemment convertie au multipartisme, les rangs du Front islamique du salut grossissent. Chômage, inflation et mal-vivre profitent, notamment parmi les jeunes, au parti des barbus. Pour les femmes algériennes, le voile devient de rigueur
Aris a 32 ans et le regard triste. "C'est beau, n'est-ce pas ?" Assis sur un banc en bord de mer, il balaie de la main la baie d'Alger. Aris a eu plus de chance que l'écrasante majorité des jeunes du grand quartier populaire de Bab el-Oued : il n'est pas au chômage. Grâce à l'argent que ses parents lui ont envoyé de France, il a pu monter un petit commerce. Il a une échoppe au marché et une camionnette pour aller acheter fruits et légumes en gros à 30 km de la capitale.
Alors que "Fidel" proclame "Le marxisme-léninisme ou la mort !", des processions monstres célèbrent la Vierge de la Charité. La tournée de la patronne de Cuba prépare la visite de Jean-Paul II à une Eglise sortant de trente ans d'exil intérieur
"Vive la Vierge !", "Vive l'évêque !", "Qu'ils reconstruisent l'église !" Le bâtiment de bois, qui fait office de chapelle, déborde de monde et d'enthousiasme quand Mgr Jaime Ortega, en soutane violette, fait son entrée à la nuit tombée. Le prêtre noir qui l'accueille, un porte-voix à la main, doit jouer des coudes et de la voix pour frayer un chemin à l'archevêque de La Havane jusqu'à l'autel improvisé.
Les choses étaient encore très confuses, mardi soir, au Sheraton de San Salvador. Un commando de la guérilla occupait toujours l'aile VIP de l'hôtel, où huit bérets verts américains puissamment armés s'étaient barricadés à leur étage. Notre envoyé spécial Alain Hertoghe, qui se trouvait sur les lieux au moment de l'attaque, a pu prendre contact avec le chef des guérilleros. Il nous fait le récit de sa journée
Mardi, 4 heures du matin : je suis réveillé en sursaut par des tirs de fusils automatiques comme tous les clients de l'hôtel Sheraton de San Salvador. La guérilla du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) relançait spectaculairement son offensive en attaquant pour la première fois, en dix ans de guerre civile, les colonies Escalon et San Benito, les quartiers résidentiels de la capitale.
"Qu'il soit ou qu'il ne soit pas dans l'erreur, qu'il soit ou qu'il ne soit pas un criminel, le sendériste possède ce que nous n'avons pas : mystique et dévouement. Ce sont des gens qui méritent notre respect et mon admiration personnelle. Cela fait partie de notre autocritique, camarades !"
Cette bombe verbale a été lancée par Alan Garcia, président du Pérou, lors d'un discours à quatre cents délégués de la jeunesse du parti au pouvoir, l'Alliance populaire révolutionnaire américaine (Apra), réunis en congrès à Ayacucho en mai dernier.