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samedi 28 avril 2007

Citizen journalism

La révolution provoquée par l'apparition des journalistes citoyens - je préfère parler de journalistes amateurs - n'a pas fini de faire couler de l'encre...

Le cinquième pouvoir des citoyens

Par Pascale Santi, Le Monde, 29-30 avril 2007

La fusillade meurtrière du lundi 16 avril sur le campus de l'université Virginia Tech aux Etats-Unis a montré que la plupart des informations lues, vues ou entendues dans les médias ont été celles fournies par les étudiants présents.

Ces images sont passées en boucle sur les télévisions américaines. En mars, l'arrestation musclée d'un grand-père d'origine chinoise, venu chercher l'un de ses petits-enfants dans une école, rue Rampal, dans le 19e arrondissement de Paris, avait elle aussi été filmée par un amateur et diffusée par le site Dailymotion.

La banalisation des nouvelles technologies - téléphones mobiles 3G, blogs, sites d'échanges de vidéo sur Internet - change aujourd'hui la donne dans la production et la diffusion de l'information. "La généralisation du journalisme citoyen est inévitable", explique ainsi Leonard Brody, de NowPublic, site fondé au Canada et qui incite les internautes à envoyer textes, photos et vidéos d'actualité. "50 % des nouvelles que nous lirons, que nous verrons ou écouterons dans cinq ans seront produites par des gens ordinaires", affirme-t-il.

En bouleversant le rapport à l'information, Internet révolutionne les mentalités et transforme les citoyens en autant d'informateurs potentiels. Ce mouvement est renforcé par la défiance à l'égard des médias traditionnels, qui ne cesse de s'amplifier. "Les journaux, et souvent leurs journalistes, ont pris trop de distance avec le désir des lecteurs et le monde réel", estime Bertrand Pecquerie, directeur du World Editors Forum (WEF). "Beaucoup trop de journalistes se situent du côté de l'émetteur, à force de fréquenter le monde politique, économique..., et finissent par faire partie de ce monde, n'ayant plus la distance nécessaire à la bonne pratique du métier", regrette également Jacques Pilet, journaliste suisse.

Le concept de journalisme citoyen (citizen journalism) est né aux Etats-Unis avec le livre We the Media ("Nous les médias"), écrit par l'Américain Dan Gillmor, ancien journaliste vedette au journal San Jose Mercury News. Le "nous" désigne la communauté des citoyens, sorte de cinquième pouvoir qui remettrait en question le monopole des grands médias. Un "nous" qui s'emparerait de l'information pour en donner une version non tronquée par la subjectivité des grands groupes de presse.

En Corée, où les médias sont très concentrés, le Sud-Coréen Oh Yeon-ho, fondateur du site ohmynews en 2000, estime que "chaque citoyen est un reporter potentiel dont l'objectivité ne peut pas être, ne doit pas être, le souci premier, à condition de respecter les faits".

Cette notion de "journalisme citoyen", qui veut montrer que le public a aussi sa propre expertise dans le traitement de l'information, s'est amplifiée lors de la catastrophe du tsunami en Asie fin 2004, pendant et après le cyclone Katrina en septembre 2005 aux Etats-Unis, ou lors des attentats terroristes de Londres en juillet 2005. Photos et vidéos prises par des citoyens ont, à ces occasions tragiques, fait le tour du monde. De même, Yahoo a lancé fin 2006 un site YouWitnessNews ("Vous êtes témoin de l'actu") qui recrute en ligne des "reporters-contributeurs". L'un des pionniers dans ce concept est le site NowPublic.com, qui utilise plus de 60 000 "reporters" dans plus de 140 pays... tout en se défendant de vouloir remplacer le journalisme traditionnel.

Pour contrer ce mouvement tout en l'accompagnant, journaux, radios et télévisions donnent de plus en plus la parole à leurs audiences. Podcasts et blogs permettent ainsi de créer des communautés de lecteurs, d'auditeurs et de téléspectateurs sur des thèmes spécifiques.

"Le journaliste devra inventer une nouvelle complicité avec le lecteur. Le lecteur sait tout désormais, il a seulement besoin de comprendre ce qui se passe", écrivait en 2006 Didier Pillet, directeur de l'information d'Ouest France, sur le blog du premier quotidien régional français.

Mais attention ! "Le journalisme est un vrai métier qui s'apprend, déclare Pierre Assouline, écrivain et journaliste. Le journalisme citoyen est une illusion, un leurre." Constat partagé par Timothy Balding, directeur général de l'Association mondiale des journaux (AMJ), qui récuse le terme de "journalisme citoyen" : "Le journalisme est un métier pour lequel les gens ont besoin d'être formés. Vérifier et analyser est ce qui différencie les journaux des autres flux d'information. Le journalisme citoyen vient donc en complément. Il ne remplace pas le journalisme."

Commentaires

Amateur vient d'amour.
Celui qui aime.

Un amateur est quelqu'un qui aime.
Il est certain que les journaleux "professionnels", n'ont aucun amour (dans leur immense majorité) pour ce qu'ils font.
Par contre ils aiment le pouvoir et l'argent que ça leur rapporte.
Et surtout ils n'ont rien de citoyens, bien plutôt ils sont des donneurs de mots d'ordre. Ils nous ordonnent de penser comme ils pensent, ils voudraient nous faire penser comme eux.
Rien dans tout cela de citoyen.

Le contraire des journaleux "professionnels", c'est-à-dire aux ordres et donneurs de mots d'ordre, ce sont les "journalistes-citoyens qui aiment."

L'immense majorité du peuple sait tout cela. Je ne mets rien de nouveau donc dans leurs têtes, ils le savent aussi bien que moi.

Un exemple de journaliste à méditer dans toutes les écoles de journalisme: PIERRE CARLES.

Il est absolument tout le contraire d'un journaliste "professionnel."

Comme journaliste "professionnel", vous avez Jean-Pierre Elkabbach...
Ah ah ah aha aha trop marrant... Journaliste ahaha ahhha ahhh... Professionnel... aha ah aha ah.. arrétez, je n'en peux plus...

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