Anges et voyous
Presque un an jour pour jour après le début des émeutes dans les banlieues françaises à l'automne 2005, et alors que les violences se multiplient dans les cités difficiles depuis quelques semaines, les trois candidats à l'investiture socialiste pour la présidentielle 2007 planchent ce soir à la télévision sur les questions de société. Ils ne pourront éviter le sujet des violences urbaines.
Cinq ans après la déroute de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle 2002, notamment en raison de son angélisme avoué face à l'insécurité, que proposeront Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius pour convaincre les socialistes et, au-delà, les Français qu'ils peuvent mieux faire que le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy ? Et qu'ils peuvent aussi, par l'évidente pertinence de leurs projets respectifs, empêcher une nouvelle qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour en 2007 ?

Juste en passant, une analyse des émeutes de 2005 :
"Sarkozy démenti par les faits un an après
Une étude dévoilée par «Libération» dresse le portrait-robot des émeutiers mineurs de Seine-Saint-Denis."
http://www.liberation.fr/actualite/societe/212614.FR.php
Rédigé par:bernard | le mardi 24 octobre 2006 à 16h56
Intéressant article mais qui ne porte que sur une frange relativement peu nombreuse de la population incriminée dans les émeutes (86 personnes). Par contre je suis toujours étonné de voir que l'on s'étonne de constater des noms à consonnances maghrebines alors que l'on s'attendait à voir des noirs dans les arrestations. Quand j'avais 20 ans la plupart des potes que j'avais et que faisaient des conneries étaient effectivement à consonnances maghrébines, c'est culturel, les filles restent à la maison et les garçons vont dehors. Un garçon dehors qui s'ennuie fait forcément des conneries (j'ai expérimenté sur ma propre personne ;-))et quand en plus il est ramené à la maison par la police et que son père ne trouve rien de mieux à dire que de lui donner raison, pourquoi voulez vous qu'il arrète ? Les potes blacks que j'avais faisaient plus ou moins autant de conneries que les polonais, italiens, espagnols, francais, portugais qui constituaient notre groupe de branleurs.
Rédigé par:Jean Marc | le mardi 24 octobre 2006 à 16h57
A Libé, on ne se mouche pas du coude avec têtières et chapeau. "Sarkozy démenti par les faits" ? On attendait un truc massu, incontestable, limpide. Pas de pot, on est dans le jus de boudin.
Les fameux "chercheurs" ont donc farfouillé les dossiers des mineurs interpelés.
Citons la belle et bonne démonstration : "L'étude tord aussi le cou à certaines idées reçues comme le laxisme des magistrats, et notamment ceux de Bobigny récemment soupçonnés de «démission» par Nicolas Sarkozy."
Ah oui !? Sauf que le point de départ de la polémique était que sur 85 mineurs interpelés donc, une seule mise sous écrou a été prononcée.
Pas de problème avec ça, nous répondent les "sociologue" et re-Libé :" Pour les sociologues, «lorsque les auteurs reconnaissent les faits et/ou qu'il existe des preuves matérielles de leurs actes délinquants, les magistrats n'ont aucun scrupule à prononcer les sanctions prévues par la loi".
Ben oui, c'est l'argument des juges consistant à dire qu'ils ne sont pas laxistes mais que les flics bossent mal, apportent insuffisamment de preuves.
On peut entendre la contre argumentation du pouvoir judiciaire, face à leur mise en cause par le Ministre de l'Intérieur, et les préfets, mais on ne voit pas en quoi il conviendrait de donner plus de poids aux arguments des uns qu'à ceux des autres. Que les sociologues citent la base argumentaire des juges et n'en remettent aucun élément en cause est une information, mais cela ne démontre rien. D'autres "logues" pourraient ainsi dire : "les policiers font correctement leur travail, mais ils ne sont pas suivis par les juges, ce qui prouve bien les juges sont laxistes". Cela ne démontrerait pas grand chose non plus : non ?
"Enfin, le parcours judiciaire des 86 mineurs émeutiers montre que seuls 34 % sont des récidivistes, alors que Nicolas Sarkozy avait lancé à l'Assemblée nationale que «75 à 80 %» des émeutiers étaient des délinquants bien connus."
C'est ça, et pour mieux comprendre, il faut bien se dire que les 66 % de présents non récidivistes (100 - 34), si ils étaient arrêtés prochainement, ne seraient toujours pas considérés comme récidivistes. Car seul celui qui a été "écroué" (1 écrou sur 86 interpellations) et a fait l'objet de poursuites judiciaires pourra être appelé "récidiviste". Le serpent qui se mord la queue en quelque sorte.
Il y a dans le même genre, le troisième individu qui avait échappé à l'électrocution dans le transformateur, et que sa mère déclarait "sans histoires, toujours gentil, prêt à rendre servive", interpelé deux mois plus tard en train de caillasser la maison du maire de Montfermeil, Xavier Lemoine. Toujours pas récidiviste, "gentil" et "sans histoire".
En tous cas, en matières de "démentis" et de "preuves", ça fait un peu court, et pas très bien ficelé. Il serait intellectuellement plus honête de dire que, dans la polémique, on a pris partie, et qu'on assume. Pas de se la jouer, parangon de la preuve par a + b.
Rédigé par:Matéo | le mardi 24 octobre 2006 à 17h33
la phrase exacte de Jean Pierre ROSENCZVEIG, qui répondait par la contre attaque aux 28 préfets, dans l'article "En Seine-Saint-Denis, élus de droite et de gauche saluent le courage du préfet"
Article paru dans l'édition du 21.09.06
: "Jean-Pierre Rosenczveig estime qu'il est « démagogique » de se focaliser sur la justice. « Il s'agit avant tout d'un problème policier, estime-t-il. On ne connaît qu'un fait de délinquance sur cinq, le taux d'élucidation tourne autour de 30 % et la rotation des personnels, comme dans l'enseignement d'ailleurs, est trop élevée. » Le magistrat assure que Bobigny enregistre « un des taux de défèrement les plus élevés de France ».
C'est de bonne guerre, mais moi perso, ça ne me dit pas si la vérité est un mauvais travail policier ou le laxisme des juges. Il me manque de la matière.
Une information qui vaut ce qu'elle vaut : à l'identique des 85 interpelés, pour un écrou, les préfets dénonçaient sur l'exercice 2005 en Seine Saint Denis : "sur 1 651 mineurs déférés au parquet, seuls 132 ont été écroués".
Ne serions-nous point devant une fabrique à "non récidivistes" ? Une sorte de "blanchisseuse" des cursus "gangsta" ? ;-))
Rédigé par:Matéo | le mardi 24 octobre 2006 à 17h43
je m'auto-censure pour ne pas donner trop de boulot a Alain donc : je pense que **************************************
voila c'est cool non?
Rédigé par:patrickcorbin | le mardi 24 octobre 2006 à 21h05
Allez-y Patrick, pour une fois que vous pouvez vous exprimez sur votre sujet de prédilection sur... le bon fil de discussion !
Alain
Rédigé par:Hertoghe | le mardi 24 octobre 2006 à 21h18
cher Alain, mon sujet de prédilection n'est pas la banlieue française ne vous déplaise. Ce serait plutôt de combattre la pensée marxiste qui hante notre beau pays. Faire confiance à l'homme et non pas au systéme, et par là même lui rendre une liberté chaque jour baffouée un peu plus par un état liberticide et anachronique : en somme tout un programme non? :-))
Rédigé par:patrickcorbin | le mercredi 25 octobre 2006 à 07h55
>"et par là même lui rendre une liberté chaque jour baffouée un peu plus "
Effectivement! Les libertés sont de plus en plus baffouées, et c'est une tendance de fond qui dure depuis quelques années déjà. Cela dit je ne pense que la France soit le pays le plus liberticide.
Rédigé par:bernard | le mercredi 25 octobre 2006 à 10h25
il y a un paralléle assez intéressant à faire entre ces jeunes de banlieue et les hommes politiques corrompus : ils ne craignent pas la justice car ils savent qu'elle ne leur pincera même pas le bout du doigt alors dans un cas comme dans l'autre pourquoi se priver...
Rédigé par:patrickcorbin | le jeudi 26 octobre 2006 à 13h26
Les hommes politiques corrompus ne craignent pas la justice parce qu'ils ont les moyens de se payer de bons avocats et ont de bonnes relations tandis que les "jeunes de banlieues" (une toute petite partie d'entre eux) ne la craigne pas d'une part parce qu'ils n'ont plus grand chose à perdre et d'autre part parce que la prison est pour eux un "ascenceur social" d'où ils ressortent avec le statut de "caid".
Rédigé par:bernard | le vendredi 27 octobre 2006 à 10h36
@ ALain H.
Je constate que vous avez censuré mon post !
Ce n'est pas le premier que vous censurez, cependant je respecte votre ligne éditoriale et je ne vous en est jamais tenu rigueur, je comprends que parfois on peut aller trop loin, c'est parfaitement humain, je crois que vous êtes une personne assez intelligeante pour comprendre cela.
Je viens d'une famille d'immigrés, je connais la rue et j'y travaille, mon métier est très dangereux et je suis menaçé physiquement très régulièrement !
Voulez-vous vraiment que votre blog soit une tribune élitiste pseudo-bourgeoise prétendant détenir les secrèts de la philosophie ?
Chaque année à Perpignan se réunissent tout ce que compte la France comme repporter de guerre, mais jamais ils ne s'éloignent trop loin des beaux quartiers !
Je comprend mieux pourquoi dans les banlieux les journalistes sont aceuilli à coup de bate de base ball !!!!
Rédigé par:Jaï | le samedi 28 octobre 2006 à 05h18
Cher Jaï,
J'ai été reporter de guerre, mais j'ai aussi couvert les banlieues, cités, etc. pour "La Croix" pendant quatre ans de 1992 à 1996 (sans jamais y être mal accueilli). J'ai par ailleurs vécu cinq ans à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis).
J'apprécie toujours vos contributions aux débats de "Carte de presse" et, si j'ai censuré votre dernier post, c'est que, sur la forme, il me semblait excessif.
Bien à vous, Alain
Rédigé par:Hertoghe | le samedi 28 octobre 2006 à 14h27
En effet !
Je me suis posé des questions, et j'ai compris ce que qui vous a posé des intérogations sur la teneur de mon post !
C'est vrai que j'ai été excessif, surtout en ce qui concerne les collégiens. Mais c''est une tendance qui se dévellope, très inquiètante pour l'avenir !
Mais nous ne pouvons pas tout écrire sur un blog, il faut avoir des discutions plus privés, et demander l'avis à certaines personnes sur des sujets à tête froide !
J'ai été vraiment très afécté par le 11 septembre, et j'ai vu des choses que peut-être je n'aurais jamais dû voir.
Ainsi l'impact psychologique est beaucoup plus important que l'on ne le croit.
C'est absolument éffrayant !!!!
J'ai été en plein coeur des émeutes de Perpignan et j'ai assisté à nombre de vandalismes, aujourd'hui je ne suporte pas le bruit d'une sirène, mais j'ai compris que l'on ne pouvait pas apporter une solution individuelle à des problèmes qui nous dépassent, même quand ont voit la voiture de nos amis se faire brûler et leur magasin pillé !!!
Dèsolé pour l'hortographe, et si je suis excesif !
Rédigé par:Jaï | le dimanche 29 octobre 2006 à 05h09