Aeschlimann, le remake
La semaine dernière, en lisant L'Express daté 28 septembre-4 octobre 2006, (l'édition précédant celle que vous pouvez acheter en kiosque à partir d'aujourd'hui), je me suis demandé si mon kiosquier habituel ne m'avait pas vendu un vieux numéro de l'automne 2005...
L'édition nationale de l'hebdomadaire publiait en effet, sous la signature de Philippe Bidalon, une enquête de trois pages titrée Aeschlimann L'étrange croisade d'un Sarko-boy, dont l'essentiel des révélations remontait à plus d'un an. Quant à l'édition des Hauts-de-Seine, elle consacrait sa couverture et huit pages supplémentaires à Asnières Le système Aeschlimann (cliquez ici pour télécharger ce dossier en PDF).
Ce retard à l'allumage de plus d'un an surprend d'autant plus que plusieurs blogs, dont Carte de presse, avaient multiplié, durant l'automne-hiver 2005, les dénonciations et révélations dans cette affaire, sans vraiment éveiller l'intérêt de nos prestigieux confrères de papier sur les tribulations, avec une supposée secte, de Manuel Aeschlimann, maire d'Asnières et conseiller pour l'opinion publique de l'UMP, donc de Nicolas Sarkozy... Le journaliste de L'Express Philippe Bidalon ne fait évidemment aucunement référence au rôle premier d'information qu'a joué la blogosphère sur ce sujet.
Non seulement le dossier de L'Express ne contient que des faits réchauffés, mais, en plus, il est incomplet et ignore des aspects essentiels de L'étrange croisade d'un Sarko-boy.
Pour me limiter à mes contributions, je vous renvoie d'abord à l'article par lequel je révélais, le 20 décembre 2005, que Manuel Aeschlimann avait obtenu de la direction de l'Agence France-Presse la censure d'une dépêche qui le dérangeait (signée par Marc Bastian, correspondant de l'AFP dans les Hauts-de-Seine). Le maire d'Asnières avait considéré mon enquête suffisamment dérangeante pour m'envoyer le jour même un droit de réponse que j'avais mis en ligne.
Depuis la publication du dossier de L'Express, Gérard Davet, qui joue depuis le début un curieux rôle dans cette affaire (voir mon article du 20 décembre 2005 susmentionné), a publié un article dans Le Monde et Renaud Lecadre, dans Libération. Ils ne font bien sûr pas non plus référence au travail des blogueurs, que ces derniers soient ou non des journalistes professionnels.
Sans rancune, chers confrères... :o)

Aucune reconnaissance entre confrères , décidement tout se perd ...
Je clique sur "L'Express" pour accéder au dossier "Aeschlimann" et paf! je tombe sur çà :
Nicolas Sarkozy :
secrets de jeunesse
La naissance de Nicolas
Le divorce de ses parents
Nicolas et Paul
L'adolescence
Mai 1968
La fac de droit et la politique
L'illumination de Nice"
Ahh , Au secours .. Il est partout!! Mais bon, à tous les coups le patron de l'Express , Mr Barbier, tient-il à s'attirer les bonnes grâce de NS le jour où ... sait-on jamais ..
Rédigé par:bernard | le jeudi 05 octobre 2006 à 13h28
Soyez tout de même précis, Bernard, il n' y a pas que ça. Allez donc sur le site de Barbier pour lui en parler.
On peut effectivement s' interroger sur le pourquoi de "réchauffé" de l' Express. Cela-dit la (re)lecture du billet du 20/12/05 ne donne pas une impression de plus grande fraîcheur et de limpidité.
Rédigé par:Erick | le jeudi 05 octobre 2006 à 14h42
Je me permets de vous livrer une petite anecdote, dont il conviendra cepedant de n'en rien déduire, au sujet de Manuel Aeschlimann, qui s'avère être MON député.
Au début de la guerre en Irak, je découvrais une déclaration fracassante de Paul Wolfowitz, déclarant que la France avait octroyé des prêts financiers à l'Irak de Saddam, dont certains n'étaient pas forcément connus.
Je trouvais cela "émouvant" d'apprendre que mon pays prêtait donc ses sous, accessoirement les miens et les votres, à un régime sur lequel il n'y avait déjà plus grand chose à avouer.
Fort des bons principe républicains, je me suis dit alors qu'un moyen "républicain" pour en savoir plus consistait à demander à MON député de poser la question de ces prêts lors des questions d'actualité à l'AN.
Mon premier mail resta sans réponse. Je ne le pris pas bien, parce que pour avoir souvent sollicité, tel ou tel homme politique, via les boîtes mail de l'AN, et avoir obtenu des réponses (souvent personnelles) de députés célèbres (Emmanuelli, Mamère, Hollande, Fabius, Bayrou, notamment), je ne comprenais pas qu'un personnage moins connu, et de plus MON député, ne me réponde pas.
Têtu, et voyant une contradiction même avec le rôle de représentant du peuple des députés, je m'en plaignais alors directement au Président de l'AN, Jean Louis Debré.
Je ne sais si celui-ci a fait redescendre ma plainte en pluie fine sur le député, toujours est-il que quelques jours plus tard, je recevais un message de François Pourbagher sur ma messagerie à mon domicile, m'enjoignant à préciser ma demande et en gros "ce que je voulais".
Je n'ai pas donné suite, car je considérais alors, et je considère toujours d'ailleurs, qu'il eût été plus simple, et démocratique de me répondre par mail directement, que de passer de rien à l'appel personnalisé pour relayer finalement une question bien banale, celle d'un citoyen demandant à son député de demander des explications au gouvernement sur cette mise en cause de notre pays comme prêteur au régime totalitaire de Saddam.
Edifiant ou pas, je continue de trouver cet épisode "particulier".
Rédigé par:matéo | le jeudi 05 octobre 2006 à 15h04
un petit jeu facile :
dans Bidalon il y a deux lettres de trop trouvez lesquelles.
Rédigé par:patrickcorbin | le jeudi 05 octobre 2006 à 22h46
Sans rancune, peut-être... mais ça pose tout de même un sacré problème. Si les lecteurs de l'Express doivent attendre un an pour des informations publiées gratuitement sur Internet, c'est que le système est drôlement vicié. Non?
Rédigé par:Eric Mainville | le jeudi 05 octobre 2006 à 22h52
A bernard :
>>Ahh , Au secours .. Il est partout!! Mais bon, à tous les coups le patron de l'Express , Mr Barbier, tient-il à s'attirer les bonnes grâce de NS le jour où ... sait-on jamais ..
C'est sur que les éditos de Christophe barbier dans l'express sont légérement différents de ceux de Denis Jeambar pourtant apparenté pro sarkozy ... Je me demande si je ne préfère pas dans sa chronique sur i-tele ....
Comme Alain j'ai aussi été déçu par cette non information, l'express n'est plus ce qu'il était.
Rédigé par:Jean-Marc | le vendredi 06 octobre 2006 à 13h05
Un journaliste de l’AFP a fait savoir qu’il avait eu un souci fin 2005. Alain Hertogue pratique ensuite aujourd’hui fin 2006 l’autosatisfaction "blogosphèrienne" :-) mais il n’a pas non plus reparlé de cette affaire avant que l’Express et autres s’y mettent ces jours-ci.
Pourtant les premiers concernés, Bruno de Beauregard et Miguel Membrado, anciens dirigeants de Mayetic, n’ont pas cessé d’alerter et d’alimenter journalistes, et blogueurs en informations. Hertogue avait matière à "investigation" mais il n’a pas été plus loin dans cette affaire, bien que comme moi, et beaucoup d’autres, il ait sans doute été contacté début 2006 par les anciens dirigeants de Mayetic, il n’en a pourtant pas reparlé.. Donc "sans rancune" cher confrère Alain ;-)
Rédigé par:Gilles Klein | le lundi 09 octobre 2006 à 11h56
En réponse à votre article sur Aeschlimann je souhaiterai vous faire parvenir la lettre ouverte à A. de la part de son ex Chef de Cabinet, Francis Pourbagher, qui a été viré du jour au lendemain par un maire peu scrupuleux du bien être de ses habitants mais en revanche très "futur ministre" ! cette lettre est également une réponse à toutes les personnes inquiètes du départ de F.B.
N'étant pas une pro en informatique je vous propose de me donner un mail sur lequel je peux vous envoyer le document ; si bien entendu celà vous interesse.
A bientôt France Raynal
Rédigé par:france from Asnière sur Seine | le jeudi 12 octobre 2006 à 19h35