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mardi 28 février 2006

Bye, bye l'Union !

Ce qui est à moi est à moi ; ce qui est à toi est négociable.

Qui a vraiment prononcé cette phrase ? Staline ? Khrouchtchev ? Kennedy décrivant la mentalité du précédent ? Qu'importe, finalement, mais cette citation (authentique ou apocryphe) résumait, hier, l'attitude soviétique vis-à-vis du reste du monde...

Aujourd'hui, même si comparaison n'est pas raison, elle vient spontanément à l'esprit quand on observe le comportement des élites politiques et patronales françaises confrontées à la mondialisation et, plus particulièrement, à la construction économique, financière et industrielle de l'Union européenne.

Le patriotisme économique - le nationalisme corrige Le Monde avec justesse - prôné par Dominique de Villepin ne signifie rien d'autre quand il s'applique au vaste monde (la réaction à l'OPA de Mittal sur Arcelor) ou à la proche Europe, comme vient de l'illustrer la fusion précipitée de Suez et Gaz de France pour empêcher une OPA du groupe italien d'électricité Enel sur GDF. Ce qui est à moi est à moi... et je le défends bec et ongles ! Par contre, quand BNP Paribas prend le contrôle d'une banque italienne ou qu'EDF monte dans le capital d'Edison, rien de plus normal vu de l'hexagone. Ce qui est à toi est négociable... et je le prends sans états d'âme !

2005 : non à la Constitution ; 2006 : non à l'Europe de l'énergie... Les années Chirac-Villepin, quand la France a tourné le dos à l'Union européenne ?

lundi 27 février 2006

Les étiquettes sataniques

Bershka_mosque Le chef du gouvernement socialiste espagnol, Jose Luis Rodriguez Zapatero, a eu chaud, très très chaud. Par la faute d'une étiquette de la collection été 2006 d'une marque ibérique de vêtements, il a failli se retrouver dans la situation d'un vulgaire premier ministre danois après la publication de caricatures du prophète Mahomet...

Heureusement, les affaires sont les affaires, et l'entreprise espagnole Inditex, propriétaire notamment des marques Zara et Massimo Dutti, a remis dans les cartons les "chemisettes blasphématoires" dès la première remarque d'un client musulman offensé. Courage, remballons ! a décidé, illico presto, Amancio Ortega Gaona, patron d'Inditex. La première fortune d'Espagne a ainsi sans doute sauvé des flammes de l'enfer (et des manifestants islamistes) les quelque 2.700 boutiques de ses enseignes dans le monde. On peut le comprendre, non ?

En tout cas, Zapatero l'a drôlement bien compris ! Car, à l'initiative de son gouvernement, l'Espagne est à l'origine, avec la Turquie et le Qatar, de cette admirable Alliance des civilisations qui doit permettre une meilleure compréhension entre le monde musulman et l'Occident. Ce week-end, il a d'ailleurs envoyé son ministre des affaires étrangères rédiger et signer un communiqué avec l'ONU, la Ligue arabe et l'Organisation de la conférence islamique. Il aurait été difficile pour Zapatero de dénoncer, dans ce texte, "l'offense infligée par les caricatures" danoises aux musulmans, si le premier groupe industriel espagnol était mis à l'index par les radicaux de l'islam.

Pour l'anecdote, deux mots sur "l'étiquette satanique" en cause. Elle apparaissait sur des chemisettes de la marque pour jeunes gens Bershka. Son dessin, supposé représenter une carte postale touristique ancienne, contient en arrière-plan une mosquée. Le texte l'accompagnant dit : Regarde ! C'est là que nous sommes... merveilleux, n'est-ce pas !? Bon, des tas des baisers !! Par ailleurs, une flèche montre la mosquée - ou ses alentours immédiats - avec le commentaire manuscrit Nous avons dormi là ! et trois petits coeurs.

Le scandale a éclaté dans une boutique Bershka de Dubaï, la capitale des Emirats arabes unis et a été rendu public par le Khaleej Times, dans un article publié le 17 février. Le journal décrivait l'image de ce qui semblait une mosquée avec des signes d'amour et des commentaires suggestifs qu'il qualifait de descriptions obcènes accompagnant des symboles islamiques sacrés... Le journaliste du Khaleej Times rapportait que, dès qu'une cliente s'était plainte, les articles avaient été retirés de la vente.

Adoptant la Alliance des civilisations attitude, le groupe espagnol a même remballé les articles de tous les dangers dans les 368 boutiques Bershka de la planète. Et, alors que des blogs appelaient déjà à boycotter "l'entreprise satanique", Inditex a présenté ses excuses en arabe à ses clients des Emirats arabes unis dans un quotidien local. Ouf ! L'industrie espagnole, Zapatero, l'Occident et les "fashionistas" du monde entier peuvent souffler...

vendredi 24 février 2006

Vivement 2007 !

Pour bien commencer le week-end, rien de tel qu'une chanson rythmée au petit refrain obsédant. Et, tant qu'à faire, autant participer au buzz qui accompagne le single Chirac en prison des Wampas... :o)

L'obsession justicière de la petite amie du narrateur de la chanson a bien du mal à se frayer un chemin sur les ondes des radios françaises. Ah bon ? Si vous n'étiez pas au courant, c'est que vous ne fréquentez pas assez la blogosphère... Lisez donc les articles de l'AFP et de Libération qui résument bien l'affaire. Ainsi que l'interview de Didier Wampas publiée par 20 minutes. Et découvrez, of course, le site Internet des Wampas !

Pas de problème - pour l'instant en tout cas... :o) - pour vous procurer le single Chirac en prison en téléchargement ou chez votre disquaire.

Voici les paroles :

C’est une obsession
Elle ne pense qu’à ça
Elle n’en dort plus la nuit
Elle me gâche la vie
J’en ai plus qu’assez
C’est une vraie maladie
Rien ne lui fera changer d’avis
Je ne sais pas ce qu’il lui a pris
Car la seule chose qui lui ferait plaisir
Ce serait de voir Chirac en prison

J’attends 2007
C’est mon seul espoir
De sortir du brouillard
C’est ma dernière chance
Faut que j’aie confiance en la justice française
J’aimerais tellement lui faire plaisir
Mais je n’ai pas assez de relations
Car la seule chose qui lui ferait plaisir
Ce serait de voir Chirac en prison

C’est une contagion
Maintenant moi aussi
Je n’en dors plus la nuit
C’est une obsession
Pourtant y’a 5 ans
J’avais voté pour lui
J’attends 2007
C’est mon seul espoir
De sortir du brouillard
Voir Chirac en prison

jeudi 23 février 2006

Une époque formidable

Cela se passe au lycée Paul Bert, dans le 14e arrondissement de Paris, le 23 février de l'an de grâce 2006 :

Avertis la veille, par leur délégué, que les professeurs de l'après-midi avaient décidé de ne pas relever les absences, les élèves d'une classe de seconde au moins n'ont pas été au lycée. Comme l'espérait le corps professoral, quelques uns d'entre eux se sont rendus à la manifestation de ce jeudi contre le contrat première embauche (CPE), entre place d'Italie et Bastille. Les autres ont fait l'école buissonnière...

C'était notre chronique "Les enseignants apprennent à nos enfants à être des citoyens responsables"... :o)

Post scriptum Selon les agences de presse, à Paris, 6.000 jeunes ont défilé jeudi entre les places d'Italie et de la Bastille, selon les organisateurs ; ils étaient 3.000, selon la police.

La patience des chiites

Incapables jusqu'à présent d'empêcher l'avènement lent et douloureux, mais pour l'instant inébranlable, d'un Irak démocratique et unitaire, les forces terroristes ont perpétré ce mercredi un attentat contre la Mosquée d'or chiite de Samarra. Lieu de pèlerinage, le mausolée abrite les tombes des deux derniers imams visibles du chiisme, majoritaire en Irak.

Il s'agit d'un acte désespéré pour tenter d'empêcher la constitution, après le succès des élections législatives de décembre dernier, d'un gouvernement irakien d'union nationale et essayer, une fois de plus, de précipiter le pays dans une guerre civile. Dans ce dernier scénario, la majorité chiite et son alliée kurde affronteraient la minorité sunnite qui a perdu le pouvoir avec la chute de Saddam Hussein.

Pour la première fois depuis le renversement de la dictature en mars 2003 par la coalition américano-britannique, on assiste à une vague de représailles des chiites contre les sunnites. Pourtant, les nostalgiques de Saddam Hussein et les djihadistes d'Al-Qaïda ont multiplié les attentats sanglants contre les chiites. Et ces derniers ont fait preuve jusqu'à présent d'une grande retenue à l'appel de leurs chefs politiques et religieux.

La provocation de Samarra aura-t-elle raison de la patience des chiites ? Vont-ils céder à la tentation de conforter par la force communautaire et militaire la majorité parlementaire qu'ils ont gagné dans les urnes ?

Les réactions initiales des autorités chiites à la destruction du dôme de la Mosquée d'or indiquent au contraire leur claire volonté de contrôler la colère de la rue. Par conviction que l'horizon démocratique et unitaire est le seul garant d'un avenir pacifique pour un peuple fatigué de tant de guerre et de violence. Par nécessité de préserver le soutien financier de la coalition américano-britannique et de la communauté internationale à la reconstruction du pays.

Rien ne permet de douter à ce stade de la maturité de l'immense majorité des Irakiens. L'attentat de Samarra va les obliger à serrer les rangs.

mercredi 22 février 2006

Si "Le Monde" le dit...

Ilan_halimi_2 A la Une du Monde, un titre : Meurtre d'Ilan Halimi : l'émotion et la mobilisation, une photo souriante du jeune homme supplicié, et un éditorial de page 2 au ton remarquablement juste, à mon avis :

Barbares

Le crime de la "bande des barbares" a marqué et marquera durablement les esprits. La mort du jeune Ilan Halimi, après vingt et un jours de calvaire, suffit en effet à rendre ce fait divers tragique tout à la fois odieux et poignant. Mais chaque composante renforce encore plus le sentiment d'avoir affaire à un crime d'époque, sorte de loupe sur l'état réel de notre société. Il suffit d'énumérer le phénomène de bande, avec son chef, son organisation, ses règles aveugles de solidarité et de silence ; le cadre de l'affaire, dans la proche banlieue de Paris ; l'habileté dans l'usage des techniques modernes de communication ; et la méthode utilisée avec, successivement, l'enlèvement, la séquestration et l'utilisation de la torture.

Tout cela, rien que cela, aurait donné un écho très fort à cette histoire dramatique. L'ultime composante de ce fait divers, à savoir l'antisémitisme, achève de le rendre encore plus nauséeux. Il appartiendra bien sûr à la justice de déterminer, en s'appuyant sur des éléments vérifiés, quel rôle (déterminant ou marginal) le racisme a précisément joué dans le choix de la victime. Mais il reviendra aussi aux autorités, sans tabou, de ne pas tenter de minorer cet aspect, au motif de ne pas opposer les communautés entre elles. Toute tentative de déni ne fait, en la matière, que cristalliser les peurs.

Telle a semblé être la première tentation de la police et de la justice, probablement soucieuses de ne pas céder à l'emballement comme dans l'affaire du RER D. Le procureur de la République de Paris a clairement indiqué, lors d'une conférence de presse : "Aucun élément ne permet de rattacher ce meurtre à un propos ou une action antisémite". Le ministre de l'intérieur a corrigé le tir, mardi, devant l'Assemblée nationale. "La vérité, a ainsi déclaré Nicolas Sarkozy, c'est que ces voyous ont d'abord agi pour des motifs crapuleux et sordides, l'argent, mais qu'ils avaient la conviction, entre guillemets, que "les juifs ont de l'argent''. Cela s'appelle de l'antisémitisme par de l'amalgame".

Cela s'appelle de l'antisémitisme tout court. Le thème de l'argent est bien l'un des fils qui relient l'antisémitisme traditionnel, tel qu'il s'exprime depuis des siècles en France (avec une mise entre parenthèses de plusieurs décennies après le choc de la découverte du génocide) et l'antisémitisme tel qu'il se déploie aujourd'hui dans des populations d'origine souvent immigrée, sur fond de traditions culturelles et d'amertume face au conflit palestino-israélien.

En l'occurrence, même si la "bande des barbares", aujourd'hui démantelée, voisinait avec "le degré zéro de la pensée", pour reprendre une formule de Jean-Claude Marin, le procureur de la République de Paris, il semble bien que pour certains de ses membres l'antisémitisme était comme une évidence.

© Le Monde, jeudi 23 février 2006

mardi 21 février 2006

Amalgame toi-même !

Amalgame n.m. (...) 2. a. Mélange de choses ou de personnes très différentes. b. Assimilation abusive, à des fins polémiques en politique, notamm. Pratiquer l'amalgame (définition du Petit Larousse 2000).

Pas d'a-mal-game ! C'est le joli slogan à la mode des bien-pensants. L'amalgame ne passera pas ! No pasaran ! comme le proclamaient déjà les antifascistes espagnols dans les années 30. Drapés dans leurs généreuses vertus, les prêtres du politiquement correct assènent leur intimidante oukaze chaque fois qu'une réalité contrariante leur explose au visage.

Dernière occasion en date : le meurtre du jeune juif Ilan Halimi par ceux qui ont choisi de se baptiser, à juste titre, "les barbares" et dont le chef, le jeune Noir musulman Youssef Fofana, était toujours en cavale mardi matin. Taisez ce soupçon d'antisémitisme que je ne saurais entendre ! s'offusquent les belles âmes. Vous faites l'amalgame avec tous les jeunes musulmans de banlieue ! accusent les humanistes autoproclamés...

Un édifiant refrain déjà servi récemment pour l'affaire des caricatures de Mahomet ou les propos de Nicolas Sarkozy sur la racaille.

Car, comme de bien entendu, relever les indices d'antisémitisme dans la tragédie d'Ilan, comme je l'ai fait sur "Carte de presse", reviendrait à accuser tous les jeunes musulmans de banlieue d'être des assassins et des tortionnaires antisémites en puissance. De la même manière, critiquer par le dessin les dérives violentes de l'islam politique, comme l'ont fait les caricaturistes danois, signifierait traiter de terroristes tous les musulmans de la planète. Et, enfin, traiter la racaille de racaille, comme l'a fait le ministre de l'intérieur, équivaudrait à stigmatiser tous les jeunes de France.

En réalité, les fins limiers de l'amalgame en sont, à force de le dénoncer là où il n'est pas, les plus grands promoteurs. Car, dans les faits, qui le pratique en insinuant et en proclamant que tous les jeunes musulmans de banlieue, ou tous les musulmans de la planète ou tous les jeunes de France doivent se sentir visés par un relevé d'indices d'antisémitisme dans un meurtre, quelques dessins danois ou les propos d'un ministre de la République ?

Les médias devraient l'avoir compris depuis longtemps qui, pour ne pas stigmatiser les jeunes issus de l'immigration, ont abusé des expressions neutres "un jeune" ou "des jeunes" dans les faits divers et les violences de banlieue. Au point qu'aujourd'hui, le public devine un Arabe ou un Noir derrière le moindre incident. Et c'est ainsi que les nouvelles ligues de vertus font le lit, depuis des années, des procureurs de "l'établissement", trop contents de crier au Tous pourris ! et au Tous menteurs !

Alors, aujourd'hui, quand j'entends la ritournelle Amalgame ! Amalgame ! Amalgame !, comprenez que je dégaine mon humeur...

lundi 20 février 2006

Crime antisémite

Corinne Goetzmann, la juge d'instruction en charge de l'enquête sur l'enlèvement et le meurtre d'Ilan Halimi par un gang de kidnappeurs, retient la thèse d'un crime antisémite. Elle a mis en examen sept suspects, lundi soir, pour "association de malfaiteurs en vue de commettre un assassinat en raison de l'appartenance ou non appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, nation ou religion".

Comme le soulignait "Carte de presse" dès ce lundi matin, de nombreux indices accréditaient malheureusement l'idée que la judéité d'Ilan Halimi avait été un facteur déterminant dans le calvaire qu'il a enduré pendant trois semaines et sa mise à mort.

Antisémitisme secondaire

Est-ce parce qu'il était juif qu'Ilan Halimi, 23 ans, a été enlevé, torturé et assassiné par le "gang des barbares" d'une cité de Bagneux (Hauts-de-Seine) ?

Pour l'instant, les autorités, les médias et même le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) préfèrent écarter ou minimiser cette interprétation du crime épouvantable pour lequel l'auteur principal présumé, Youssef Fofana, Noir musulman, 26 ans, et deux de ses supposés complices directs étaient toujours activement recherchés ce lundi matin.

"Le mobile affiché du groupe était d'obtenir de l'argent" ; "Au moment précis où nous parlons, le mobile antisémite n'est pas avéré" ; "Ce n'est pas en cette qualité (qu'Ilan) a été enlevé et torturé", déclarait, vendredi dernier, Jean-Claude Marin, procureur de la République de Paris, lors d'une conférence de presse. "D'autres victimes n'étaient pas juives", a ajouté François Jaspart, directeur de la police judiciaire de Paris, rappelant qu'il y avait eu six ou sept autres tentatives d'enlèvement par cette bande depuis décembre.

La thèse du crime purement crapuleux, aussi horrible soit-il, serait, dans une certaine mesure, rassurante par ces temps de tensions communautaires en France et dans le monde. Mais, malheureusement, de nombreux indices laissent craindre que la judéité d'Ilan Halimi ait été un facteur déterminant dans le calvaire qu'il a enduré pendant trois semaines et sa mise à mort.

Plusieurs de ces éléments ont été relevés vendredi dans un article mis en ligne par LeMonde.fr :

- "Au moins un des treize interpellés, vendredi 17 février, aurait également avoué que la bande aurait identifié de manière claire des "cibles juives", selon une source proche de l'enquête" ;

- "(Selon certains enquêteurs), les ravisseurs n'ignoraient nullement qu'Ilan était juif. Lors de leurs échanges avec son père, ils auraient proféré à plusieurs reprises des insultes ouvertement antisémites ; ils semblaient également persuadés que le fait qu'il soit juif faisait automatiquement de lui quelqu'un de fortuné" ;

-  "Par ailleurs, les photographies envoyées par le gang à la famille Halimi font apparaître des mises en scène qui semblent s'inspirer de l'actualité irakienne, à la fois celle des sévices dans les prisons que celle des affaires de prises d'otages. On y voit notamment la victime nue, le visage couvert. Une "répétition de scènes connues par ailleurs", selon le procureur de la République, Jean-Claude Marin."

Une information supplémentaire a été recueillie par le correspondant à Paris du quotidien israélien Haaretz, dont l'article a été mis en ligne, ce dimanche, sur la version anglaise du site :

"Quand nous avons dit que nous n'avions pas 500.000 euros à leur donner, ils nous ont dit d'aller à la synagogue et de les obtenir, a déclaré Rafi Halimi, l'oncle d'Ilan. Ils ont aussi récité des versets du Coran."

Par ailleurs :

- Trois ou quatre des six ou sept autres personnes que le "gang des barbares" a tenté d'enlever sans succès auparavant étaient de confession juive. Pourquoi décider qu'il s'agirait d'un simple hasard ? Pourquoi ne pas envisager, dans le cas des "cibles" non-juives, que les kidnappeurs les aient prises pour des juifs en raison de leur apparence ou de leur nom ? Dans mon cas personnel, on m'a plusieurs fois demandé si j'étais juif ou on m'a même affirmé que je l'étais parce que le nom Hertoghe ressemble à Herzog ;

- Pourquoi celui qui se fait appeler "le cerveau des barbares", Youssef Fofana, surnommé Mohammed dans sa cité de Bagneux, et la jeune femme d'origine maghrébine qui aurait attiré Ilan Halimi dans le piège mortel, échapperaient-il au climat antisémite qui règne en banlieue, tout particulièrement dans la communauté arabe ? ;

- Enfin, rappelons que le jeune homme, kidnappé le 21 janvier dernier, a été retrouvé le 13 février, nu, bâilloné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures, agonisant à proximité de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Selon les information de presse, Ilan Halimi avait reçu des coups répétés, notamment à l'arme blanche, avant d'être aspergé d'un produit inflammable. Son corps était brûlé à 80%...

Peut-on sérieusement penser que le sadisme dont le chef de bande musulman a fait preuve à l'égard de sa victime juive, pendant trois semaines et avec un sang-froid effrayant, ne serait en rien motivé par une haine antisémite ? Pourquoi penser que l'argent serait le mobile principal du "gang des barbares", alors que les kidnappeurs ne connaissaient visiblement pas la situation financière de la famille d'Ilan et qu'ils n'ont jamais tenté sérieusement de récupérer l'argent qui leur était proposé ?

Les nombreuses questions et informations dérangeantes entourant la tragédie vécue par Ilan Halimi et ses proches appellent des réponses rapides et précises de la part des autorités. La société a besoin de savoir.

Post scriptum : Haaretz a publié ce lundi, dans sa version anglaise, un entretien avec Ruth Halimi, la mère d'Ilan. Voici un extrait traduit par l'AFP : "Si Ilan n'avait pas été juif, il n'aurait pas été assassiné", a affirmé au journal Ruth Halimi, en accusant la police d'ignorer les mobiles antisémites du crime et d'avoir commis des erreurs qui ont abouti au meurtre de son fils.  "Nous avons dit aux policiers qu'il y a eu au moins trois autres tentatives d'enlèvement de jeunes juifs, mais ils ont persisté à estimer que les mobiles étaient purement criminels", a-t-elle précisé.

samedi 18 février 2006

Libérez l'expression ! (suite)

Reporters sans frontières (RSF) a lancé, vendredi 17 février, un appel et une pétition en faveur des journalistes emprisonnés et poursuivis dans l'affaire des caricatures de Mahomet.

"Quoique l’on pense des caricatures du prophète et de l’opportunité de les publier, il est absolument injustifiable que des journalistes soient actuellement détenus, poursuivis en justice ou menacés de mort, et que des publications soient fermées pour avoir reproduit ces dessins", dénonce le communiqué de l'association de défense de la liberté de la presse.

Rendez-vous sur le site de RSF pour lire le texte et signer la pétition.

Jeudi 16 février, "Carte de presse" avait déjà lancé un appel similaire à diffuser sur la blogosphère et à adresser aux autorités concernées :

Libérez l'expression !

Ce texte a été relayé par plusieurs blogs. Mais ce n'est pas suffisant ! L'écho rencontré tant par l'appel de "Carte de presse" que par celui de Reporters sans frontières reste pour l'instant trop faible. Or l'urgence aujourd'hui consiste à soutenir les plumes et les voix musulmanes indépendantes. Car elles ne risquent pas seulement des critiques ou des menaces. Leur liberté et leur sécurité sont en jeux.

Diffusons donc ces appels le plus largement possible sur Internet, et dans toutes les langues, à travers les blogs, les sites, les forums, etc., et appelons par ailleurs les médias classiques à les reproduire également.