Et hop ! Je blasphème...
Voilà, c'est fait ! J'ai franchi la ligne rouge en postant une représentation visuelle du prophète Mahomet, une des douze caricatures par lesquelles le scandale est arrivé. Et, pour faire bonne mesure, permettez-moi d'ajouter un tonitruant La liberté d'expression, nom de Dieu !...
Que les croyants en général et les musulmans en particulier me pardonnent. J'ai vraiment le plus grand respect pour leur foi. Je la leur envie même parfois. Et, s'ils se sont sentis offensés, qu'ils acceptent d'ores et déjà mes excuses. Plates et sincères en plus.
Le droit de penser et, surtout, de s'exprimer librement me tient toutefois très à coeur. Or je n'ai pas trouvé manière plus claire de manifester ma solidarité avec les confrères danois du journal Jyllands-Posten, victimes d'une flambée d'intolérance dans le monde musulman depuis qu'ils ont publié douze caricatures de Mahomet (cliquez ici pour les découvrir). Ont-ils eu raison de le faire ? Les dessins sont-ils de mauvais goût ? Donnent-ils une image injuste de l'islam, son prophète et ses fidèles ? Ces questions valent débat. Mais la liberté de les publier ne se discute pas.
J'avais été alerté sur cette polémique par un article sur le blog "les chroniques de l'extrême-centre" qui demandait, le 17 janvier dernier, d'envoyer un message de soutien au Jyllands-Posten. J'avais relayé le lendemain cette proposition sur "Carte de presse" par mon post Droit à la caricature, repris ensuite sur AgoraVox et Yahoo! Actualités. Depuis, ce billet a suscité de nombreuses réactions sur mon blog, mais plus encore sur AgoraVox où il figure en tête des articles les plus lus et les plus commentés depuis plusieurs jours. De son côté, "les chroniques de l'extrême-centre" a préféré fermer les fils de discussion sur le sujet.
La polémique ne serait que surréaliste et grotesque si elle n'avait pas pris la forme d'une affaire d'Etats. Or voilà que les pays musulmans et leurs organisations internationales, les imams et leurs fidèles, les médias et leurs lecteurs montent sur leurs grands chevaux au nom du blasphème. Il ne manque plus qu'une fatwa condamnant à mort les caricaturistes et les journalistes qui ont décidé de les publier...
Lundi, les ministres européens des affaires étrangères, réunis à Bruxelles, ont ressenti la nécessité d'exprimer leur solidarité avec le gouvernement danois qui, au nom de l'indépendance de la presse, s'est refusé jusqu'à présent à jouer un rôle et à prendre position dans l'affaire. Les Vingt-cinq ont également condamné les menaces proférées récemment par des factions islamistes contre des citoyens européens.
On assiste à une surenchère de l'indignation dans le monde musulman. Il serait temps que des voix autorisées s'y élèvent pour calmer le jeu.
Post scriptum, 31 janvier, 20h30 : Le quotidien danois Jyllands-Posten a présenté ses excuses aux musulmans qui se sont sentis offensés par la publication des caricatures (lire le texte en anglais). Des excuses acceptées par le groupe musulman danois La communauté islamique de la foi, à l'origine de la campagne de protestation. Pour sa part, la publication chrétienne et norvégienne Magazinet a exprimé ses regrets. Elle avait reproduit les douze caricatures du journal danois. 31 janvier, 23h00 : Le monde islamique ne décolère pas.
