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vendredi 30 septembre 2005

Modèle Viking

La "croissance sociale", l'ami Galouzeau en parle, les Européens du Nord la pratiquent avec succès. Parmi les dix économies les plus compétitives de la planète, se trouvent les cinq pays scandinaves (dans l'ordre : Finlande, Suède, Danemark, Islande, Norvège), d'après le classement annuel du Forum économique mondial (WEF).

La France se classe trentième, loin derrière les Pays-Bas, le Royaume-Uni ou l'Allemagne, pour ne parler que des pays de l'Union européenne.

Vu qu'ils ne se quittent plus, Dominique de Villepin et Bernard Thibault devraient faire une petite tournée scandinave, histoire de se rafraîchir les idées... :-)

PS : Bravo au premier ministre et à son prédécesseur pour la nouvelle baisse du chômage. Vive les emplois aidés !

Blogs : un nouveau média ?

Entretien publié sur France2.fr et France3.fr

Alain Hertoghe a travaillé durant de nombreuses années au journal La Croix, il vient d’ouvrir son blog, Carte de presse. Il répond aux questions de Marion Msika-Jossen

France2-3 - Comment vous est venue l’idée d’ouvrir un blog ?

Alain Hertoghe - Lorsque j’ai quitté La Croix, je n’ai pas tout de suite pensé à tenir un blog. L’idée m’en est venue après avoir travaillé pour Yahoo, où j’ai tenu une chronique sur la campagne présidentielle américaine pendant huit mois. C’est à ce moment-là que j’ai mesuré l’ampleur du phénomène blog et sa force. Un des déclics a été la démission de Dan Rather de CBS. Les journalistes-blogueurs avaient enquêté et démontré que le document montré par la chaîne, qui prouvait que Bush avait pu éviter son service militaire au Viêt-nam, était faux. Pas la presse traditionnelle.

Que représente un blog pour un journaliste comme vous ?

Mon blog, c’est mon jogging quotidien. C’est nécessaire à ma bonne santé. Le supplément, avec le blog, par rapport à la presse écrite traditionnelle, c’est que je reçois les commentaires à chaud de mes lecteurs, qui ne se privent pas de réagir. Certes, je ne travaille plus dans un journal, mais je continue d’en avoir les contraintes, et peut-être même plus d’exigences, du fait de la réactivité immédiate des lecteurs. A terme, je veux que ce blog ait sa propre autonomie financière et qu’il devienne une référence. Ce qui se passe pour les journalistes sur le net est de l’ordre du défrichage et de la conquête de nouveaux espaces. Ces journalistes d'un nouveau type sont en train de gagner leurs lettres de noblesse.

Comment voyez-vous le développement du net pour les journalistes indépendants ?

Je pense d'abord aux Etats-Unis, qui ont une longueur d'avance sur nous, où le blog est entré dans les mœurs des campagnes politiques, avec le suivi des hommes politiques. Le journal américain du net, Drudge Report, a été invité aux deux conventions républicaines pour suivre les débats. En France il y a encore une place à prendre. La campagne des présidentielles de 2007 s’amorce nettement, la bataille est engagée et on va assister à un certain nombre de fuites. Avec la fin du règne de Chirac, c’est donc une période propice aux infos de première main. C’est la fin de la paralysie et le net ne sera pas de trop pour suivre la campagne et diffuser des infos pas forcement « politiquement correctes ». Ce sera même sûrement très stimulant pour la presse écrite, qui sera un peu malmenée. Mais, à terme, elle sera plus vigoureuse face à ce petit net qui lui mord les chevilles. Concrètement, j’espère sortir début 2006 une info qui compte par semaine. Avec le blog, je suis producteur et diffuseur d'infos, tout en m'appuyant sur mon réseau d’informateurs.

Qu'apporte le net par rapport au journalisme traditionnel ?

J'ai été habitué à un traitement classique de l’information, avec les contraintes de la verticalité d’une rédaction, qui force à un respect illimité, mais qui nuit à l’impertinence du ton. Le net, c’est l’horizontalité. Demain, avec le net, des gens qui ne seront pas journalistes à 100 %, y compris financièrement, produiront plus ou moins régulièrement de l’info. La notion de journalisme deviendra de plus en plus accessible. On quittera les sentiers battus qui veulent que tout journaliste sorte d'une école. Avec le temps, je me suis aperçu que les journalistes sortis des écoles avaient de moins en moins de culture générale et de recul par rapport aux sujets qu’ils traitent. Ils sont formatés, opérationnels et lisses. Je pense que des personnalités, des impertinents de l’info, ça ne peut faire de mal à personne.

Concrètement, comment le travail du journaliste s'est transformé avec le net ?

Avant, quand je travaillais en Amérique centrale, la première chose que je faisais, c’était d’aller acheter les journaux sur place et je n’avais pas toujours une masse de documents. C’était le journal du jour et puis c’est tout. Aujourd'hui, avec le net, avant de partir sur le terrain, j'ai déjà en tête un maximum d’infos, j’ai plein de documents à ma disposition, j’arrive avec de la matière. Ce qui me permet de creuser l’info, d’aller plus en profondeur dans le sujet. J’ai une possibilité d’améliorer mon papier. Du coup, on fait des choses plus intéressantes. Le lecteur est prêt à acheter cette presse-là, meilleure. Il ne faut pas s’imaginer que la presse était meilleure auparavant. Son autorité maximale, à l’époque de l’ORTF, n’était pas spécialement réjouissante pour l’indépendance du journalisme. Je trouve qu’on manque de mémoire, et on devrait relativiser les critiques sur la presse d'aujourd'hui, contrairement aux associations de critique des médias comme Acrimed.

N’assistons-nous pas à une dégradation de la qualité du travail de journaliste ?

En terme de qualité, il y a eu un grand changement. En presse écrite, la réduction des coûts fait qu’on n'a plus forcément un correcteur et que les secrétaires de rédaction ne relisent pas forcément tous les papiers, faute de temps. La fiction qui veut que la rédaction en chef relise tous les papiers est une rigolade. Mais sur le net, dès que je fais une erreur sur l’info, une erreur de syntaxe, une faute d’orthographe ou de grammaire, les gens réagissent immédiatement. L’interactivité du net permet de corriger tout de suite une erreur, d’améliorer l’info, de la faire évoluer. C’est un work in progress passionnant, pas figé. Avec le blog, il y a une vigilance permanente. On est plus exposé, pas couvert par une rédaction, quand il y a une erreur. Sur le net, les gens comparent et ils ont plus de matière pour comparer. La guerre en Irak a été, de ce point de vue, extrêmement instructive sur l’évolution du lectorat.

Comment comptez-vous faire évoluer votre blog ?

Mon intuition est qu’il existe un vrai créneau pour les journalistes. Il existe peu de blogs de journalistes indépendants en France. Ce sont souvent des blogs qui accompagnent des journaux, comme celui de Pascal Riché, excellent, mais qui reste dans un ton Libération. L’info principale c’est Libé, l’accompagnement c’est le blog.

Mais à terme, ce sont les grands médias qui reprendront les « posts », les infos du net, et non l’inverse, comme c’est encore le cas aujourd’hui. Le net va de plus en plus être en amont de l’info, dans la chaîne de production et de diffusion. Actuellement, ce sont les médias classiques qui détiennent les places d’honneur, mais avec la plus-value d’info apportée par le net, les places vont progressivement être redistribuées. Ça va rajouter du piment. Les moyens essentiels, pour le journaliste du net, sont un ordinateur, l’internet, le wifi, la caméra numérique et l’enregistreur MP3. Et l'ensemble est très léger. Si un des médecins qui soigne Chirac a décidé de parler, La Croix ne diffusera pas l’info. En revanche, un journaliste indépendant la diffusera sur le net.

Alain Hertoghe, journaliste et réalisateur de documentaires, a travaillé près de dix-sept ans au quotidien La Croix, où il a été successivement envoyé spécial, notamment en Amérique centrale et au Moyen-Orient (première guerre du Golfe), chef de rubrique, rédacteur en chef adjoint du site (2001-2004). Il a été licencié en 2004, à la suite de la publication de son livre La guerre à outrances. Comment la presse nous a désinformés sur l’Irak (Calmann-Lévy, 2003). Dans ce livre, il analyse, à partir de différents quotidiens français, la couverture de l’offensive américano-britannique sur Bagdad. En juin 2005, il lance son blog, Carte de presse.

© France 2.fr, France 3.fr, 30 septembre 2005

jeudi 29 septembre 2005

Minuit moins cinq...

Mahmoud Abbas a rendez-vous avec l'Histoire. Le président de l'Autorité palestinienne sera-t-il l'homme qui aura offert à son peuple l'Etat dont il rêve et qu'historiquement il n'a jamais eu ? La balle est dans son camp : il doit vaincre le terrorisme.

Oublions un instant l'histoire du conflit israélo-palestinien et les arguments puisés dans les livres sacrés du judaïsme et de l'islam. Et concentrons-nous sur le moment présent.

Ariel Sharon a fait - provisoirement - sa part du boulot. Il a pris unilatéralement l'initiative d'évacuer la bande de Gaza, aujourd'hui saluée par tout le monde. Une décision qu'il a réussi a imposer à son propre parti, le Likoud, et aux sionistes extrémistes. Sans effusion de sang. Le premier ministre israélien démontre actuellement, par l'action militaire, qu'il ne tolèrera toutefois pas les attaques du Hamas et du Jihad islamique à partir de Gaza libéré. Et il a annoncé que la prochaine étape des négociations avec Abbas attendra le démantèlement des structures terroristes palestiennes. Personne ne devrait douter de sa détermination.

Reconnaître l'attitude positive jouée actuellement par Sharon dans la recherche de la paix ne signifie pas l'absoudre de son passé, et notamment de son rôle dans les massacres de Sabra et Chatila, au Liban, en 1982, qui aurait dû lui valoir une comparution devant un tribunal international pour complicité de crimes de guerre.

Mais l'urgence est présente et future. Car la paix est possible.

A Mahmoud Abbas de jouer et de prouver aux Israéliens que Sharon a fait le bon pari. Contrairement à son prédécesseur, Yasser Arafat, il a démontré qu'il avait compris que la violence terroriste - la deuxième Intifada passe le cap des cinq ans ce mercredi - ne faisait que retarder l'émancipation de son peuple. Il a aussi convaincu qu'il voulait sincèrement mettre fin à l'anarchie armée qui règne dans les territoires palestiniens où les gangs terroristes opèrent librement. Mais, jusqu'à présent, il préfère négocier des trêves avec eux que les affronter. Or les faits montrent que le Hamas et les autres groupes extrémistes ne les respectent pas durablement et ne croient fondamentalement qu'aux vertus de la lutte terroriste la plus inhumaine.

Le président de l'Autorité palestienne doit prouver qu'il représente la seule autorité chez lui. Il affirme ne pas en avoir les moyens militaires et ne pas vouloir provoquer une guerre civile palestinienne ? Soit. Mais rien ne lui interdit d'en appeler souverainement à l'aide de ses voisins arabes, l'Egypte et la Jordanie. Un intervention militaire massive et déterminée de ces derniers à Gaza, éventuellement sous mandat des Nations unies, permettrait de démanteler et de désarmer pacifiquement les groupes terroristes, ainsi que de mettre hors d'état de nuire leurs dirigeants.

Les organisations radicales renonçant à la violence et reconnaissant le droit à l'existence de l'Etat d'Israël pourraient ensuite se transformer en partis politiques et participer au débat démocratique. Une amnistie permettrait de transformer les ex-combattants en militants.

Si Mahmoud Abbas ne rate pas son rendez-vous avec l'Histoire, il sera ensuite en position de force pour négocier avec Israël les prochaines étapes du processus de paix. La balle est dans son camp, à lui de la renvoyer dans celui de Sharon.

mercredi 28 septembre 2005

Piraterie syndicale

Il faut montrer du doigt les "patrons voyous", mais aussi les "syndicalistes voyous". Les auteurs du détournement du Pascal-Paoli, le ferry de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM), et des violences de Bastia et Marseille font partie de cette dernière catégorie. Le STC (Syndicat des travailleurs corses) et, dans une moindre mesure, la CGT se comportent d'une manière irresponsable qui ne peut être justifiée par la défense légitime de salariés angoissés par la privatisation annoncée de la SNCM.

Le gouvernement a donc eu raison de diligenter l'armée pour reprendre le contrôle du Pascal-Paoli et la loi doit s'appliquer avec rigueur à ceux qui la violent en dévoyant le combat syndical. Sans "exception corse".

Sur le fond du dossier SNCM, le gouvernement semble vouloir soudain reculer et ne plus avoir l'intention de privatiser à 100% l'entreprise au bord du dépôt de bilan. Une prime au "syndicalisme voyou" ? L'intérêt général, celui des contribuables, impose pourtant d'arrêter l'hémorragie de fonds publics versés année après année à la Société nationale Corse-Méditerrannée chroniquement déficitaire.

Pour la CGT, la proposition du repreneur privé Butler Capital Partners, acceptée par le gouvernement, serait "un scandale financier, un véritable escroquerie". C'est très exactement ce que représente actuellement la SNCM pour la collectivité.

mardi 27 septembre 2005

L'alter-président

Rien ne permet de douter du bon sens des Français, 62% d'entre eux estimant que le Petit Père des altermondialistes, José Bové, ne ferait pas un bon candidat à la présidentielle, d'après un sondage CSA. Et 11% ne se prononcent pas...

Hip, hip, hip, IRA !

Le mouvement terroriste irlandais IRA a détruit son arsenal, selon le général canadien qui préside la commission internationale chargée de superviser ce désarmement. L'Armée républicaine irlandaise avait renoncé à l'usage de la violence le 28 juillet dernier, après les attentats djihadistes de Londres.

Voilà un exemple que les groupes armés basques et corses d'Espagne et de France, les derniers desperados terroristes de l'Union européenne, devraient suivre sans tarder. Nos populations, nos gouvernements et nos services de police ont déjà suffisamment de menace sur la planche avec les tueurs en série du djihad.

lundi 26 septembre 2005

Nouvelle Europe

Dimanche dernier, en partageant leurs suffrages entre Schröder (social-libéral) et Merkel (conservateur-libéral), les Allemands demandaient prudence et petits pas sur le chemin des réformes libérales.

Ce dimanche, les Polonais, eux, ont opté pour le turbo libéral en plébiscitant les deux partis de droite qui proposent d'appliquer en coalition un programme similaire à celui de Merkel. Le choix électoral du plus grand des dix nouveaux membres de l'UE est une nouvelle contribution au débat européen sur le rythme des réformes.

dimanche 25 septembre 2005

Entre confrères

Après la une de leur journal daté 25-26 septembre 2005 - "Ouragans et guerre en Irak : George Bush en difficulté" - mes confrères du Monde pourrait titrer dans une prochaine édition :

"Ni ouragan ni guerre : Jacques Chirac (pourtant) en difficulté".

samedi 24 septembre 2005

Bolcho Attitude

Chassez le naturel, il revient au galop ! A peine Dominique Galouzeau de Villepin commence-t-il à engranger dans les sondages les bénéfices de sa "Matignon Attitude" (sobre dans le discours et modeste dans la méthode), que, de son for et fol intérieur, ressurgit le Don Quichotte des Gaulles.

Mais est-ce la faute de notre barde de la République si son ennemi intime préféré, l'Américain, s'en prend à nouveau à la France ? Car ne nous y trompons pas : la décision récente de la multinationale Hewlett-Packard (HP) de supprimer 1.240 emplois sur notre territoire na-tio-nal équivaut à un coup de poignard dans le dos, alors que le général Galouzeau mène sa dure bataille pour l'emploi. Quant on pense que les Ricains nous avaient reproché d'être de mauvais alliés dans la crise irakienne...

Il était donc bien normal que notre social-patriote en chef exige de l'entreprise américaine le remboursement des aides publiques françaises qu'elle a reçues. Tout comme il était normal que son second, le colonel Jacques Chirac de Corrèze, réclame l'intervention de l'inutile de Bruxelles, José Manuel Durao Barroso, président de la Commission européenne.

Aucunes bases légales n'existent pour faire rembourser Hewlett-Packard ou intervenir la Commission ? Même les syndicats n'en demandaient pas tant ? Même la gauche et la gôche-de-la-gôche n'en demanderaient pas plus ? Le patronat lève les yeux au ciel et la majorité n'en croit pas ses oreilles ? Les investisseurs se prennent à rêver de Chine ? Voilà bien la preuve que le seul déclin français est celui du volontarisme. Il était plus qu'urgent que Superbolcho sorte sa Rossinante des écuries de Matignon et l'enfourche !

Car l'ennemi mondialo-libéral doit savoir que le général Galouzeau peut ne pas en rester là. Il peut exproprier et nationaliser HP-France, voire embastiller ses dirigeants locaux jusqu'à ce que son quartier général ordonne d'embaucher plutôt que de débaucher. Si la Commission européenne se montre capitularde, la France peut saisir le Conseil de sécurité de l'ONU. Et que personne n'oublie, chez Hewlett-Packard, nos sous-marins nucléaires d'attaque : le siège social du Delaware et le siège d'exploitation de Californie sont à portée de nos missiles...

Ah ! Cela ne se passera pas comme ça, foi de Superbolcho !

vendredi 23 septembre 2005

Allô, Laurent ?

"Il n'y aura pas de Constitution (de l'Union européenne) dans les années à venir, c'est évident, regardons cela en face."

José-Manuel Barroso, président de la Commission européenne, 21 septembre 2005

Mais où a donc disparu le fameux "plan B" que nous promettaient les "nonistes" de gauche ? Quelqu'un peut-il joindre Laurent Fabius pour qu'il nous aide à le retrouver ?