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jeudi 21 juillet 2005

Au nom de l'Union

Ne pas céder. Rien. Jamais. Car, face au crime terroriste, le moindre signe de faiblesse prépare le crime suivant. Les nouvelles attaques contre Londres, ce jeudi, sont intervenues quinze jours après les attentats qui avaient fait 56 morts, le 7 juillet, dans la capitale britannique. Cette fois, heureusement, il n’y a pas de victime à déplorer. La réplique terroriste intervient deux jours après un ultimatum attribué à Al-Qaïda. Par ce communiqué, l’organisation djihadiste somme les gouvernements européens qui ont envoyé des troupes en Irak, mais aussi en Afghanistan, de les retirer d’ici un mois. Sous peine de nouveaux carnages dans des villes européennes. Le Danemark et l’Italie sont explicitement visés. Mais des soldats français participent à la guerre contre le terrorisme sur le sol afghan. L’heure n'est donc plus aux lâches petites spéculations sur les risques potentiels de voir son pays endeuillé. L’Union européenne se grandirait en honorant son nom. Les gouvernements d’Europe doivent faire preuve d’une unité sans faille. Egale à leur détermination. En reculant devant les assassins djihadistes et en retirant son armée d’Irak, suite aux sanglants attentats de Madrid de mars 2004, le peuple espagnol et le nouveau gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero avaient  implicitement encouragé les terroristes à frapper ailleurs. Une erreur tragique à ne pas répéter. Les 25 pays membres de l’Union devraient avoir le courage politique d’envoyer des troupes sous drapeau européen en Afghanistan et en Irak. Pour montrer que le chantage à la terreur est contre-productif.

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jeudi 14 juillet 2005

Chant du cygne

Le moulin à paroles tourne à vide. Pour sa onzième intervention du 14 juillet, Jacques Chirac a multiplié les certitudes éculées et les vœux pieux. Les Français sont "mieux placés" que les Britanniques, le modèle social français témoigne du "génie national", les pays étrangers "souvent suivent" quand la France propose, les "champions mondiaux" de la France, etc. Et puis, évidemment, relance, impulsion, incitation, innovation, etc. Nouvelles et fortes, comme il se doit… Après dix ans à l'Elysée, le président Chirac s'en tient à un discours surréaliste de simple survie politique. Pour tenter de tenir jusqu'en 2007. Les déroutes électorales, la claque des JO, la suprématie de Tony Blair, les déficits, la dette, le chômage : rien ne pousse apparemment le chef de l'Etat à douter de sa légitimité politique ou de celle de sa majorité. Jacques Chirac a choisi l'arrogance tranquille comme posture pour les deux prochaines années. Car il est arrogant avec les Français qui ne veulent plus de lui, avec les Européens qui n'en peuvent plus de lui, enfin avec les juges qui n'attendent plus que lui… Tiendra-t-il jusqu'à la fin de son mandat, une fois passée la fable des cent jours de Villepin pour rendre la confiance ? C'est possible, mais uniquement parce que ni la droite ni la gauche, chacune en travaux, ne sont prêtes à affronter une échéance électorale anticipée. Le règne chiraquien s'est de facto terminé le 29 mai dernier, avec l'échec du référendum européen. L'interrègne a commencé. Il sera interminable, ankylosant et douloureux pour la France et les Français.

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jeudi 07 juillet 2005

Du sang et des larmes

Les morts. Les blessés. Les handicapés à vie. Les endeuillés pour toujours. Les traumatisés à jamais. La peur pour tous. Hommes. Femmes. Enfants. La barbarie djihadiste a encore frappé. Les misérables comploteurs de l'ombre ont accompli leur lâche besogne après une préparation minutieuse dans leurs ateliers de la mort. Nous étions tous New-yorkais en septembre 2001, tous Madrilènes en mars 2004. Ce 7 juillet 2005, nous sommes tous Londoniens. A travers son peuple, c'était Tony Blair, président du G8 et de l'Union européenne, qui était politiquement visé. En plein sommet des grands de ce monde. Au lendemain de la désignation de Londres comme capitale olympique 2012. Cruel rappel que le totalitarisme djihadiste a déclaré la guerre à la civilisation. Car, aussi sournoise et épisodique soit-elle, c'est de guerre qu'il s'agit. Nous sommes en guerre. Les démocraties peuvent diverger sur la manière de mener ce combat long et difficile. Elles ne doivent pas, elles ne peuvent pas s'affaiblir en se divisant. C'est par l'union sacrée que les dirigeants du G8 réunis en Ecosse doivent répondre au défi terroriste. C'est par l'esprit de résistance et de solidarité que les citoyens doivent faire mentir les maîtres chanteurs de la terreur. Et appelons un chat un chat. Une fois pour toutes. Car on ne combat pas bien ce qu'on désigne mal. De New York à Londres, de l'Irak à Israël, de Madrid à Moscou, un terroriste n'est ni un résistant, ni un rebelle, ni un combattant, ni un activiste. Il a choisi le camp du crime de masse, du meurtre aveugle. Un terroriste est un terroriste. Un assassin est un assassin.

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mercredi 06 juillet 2005

Olympique Albion

Londres rit, Paris pleure. Londres chante, Paris se lamente. Londres danse, Paris se pétrifie. L'Histoire peut être cruelle avec un peuple. C'est le cas pour les Parisiens et les Français. Même s'il n'y a pas mort d'homme. Même si c'est, comme on dit, la dure loi du sport. Même si, à 54 voix pour Londres contre 50 à Paris, ce n'est ni Trafalgar, ni Waterloo. Mais le couperet est tombé. Brutal. Le Comité international olympique (CIO) a confirmé l'implacable règle du jamais deux sans trois. Car cela fait trois fois que la Ville lumière se voit refuser les JO. Et cela fera trois fois que Londres les organisera. Paris est-elle interdite de Jeux ? Difficile de ne pas le penser… L'amertume ne doit toutefois pas dicter notre conduite. Certes, un vent anglo-saxon souffle sur la planète. Bien évidemment, la déception est d'autant plus énorme que la victoire revient à la Grande-Bretagne, à Londres, à Tony Blair, à nos frères ennemis d'outre Manche. Of course, l'équipe parisienne a été extraordinaire, Bertrand Delanoë en tête. Le dossier Paris 2012 était formidable. Jacques Chirac a été courageux de s'exposer en allant à Singapour. Mais soyons fair-play ! Le dossier londonien était bon, lui aussi, sinon il n'aurait pas emporté la décision du CIO. Acceptons-la, avec humilité. Ne renonçons pas à présenter, une quatrième fois, la candidature de Paris. Et ayons surtout de la compassion en pensant à Jacques Chirac qui a appris la terrible nouvelle dans l'avion qui le menait de Singapour à Gleneagles, en Ecosse, où il sera l'hôte de Tony Blair pour le sommet du G8. Personne ne voudrait être à sa place…

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mardi 05 juillet 2005

Les Jeux nom de Dieu !

Membres du Comité international olympique, nous voulons les JO, nous avons besoin des JO, nous vous supplions de nous donner les JO 2012… Entendez-vous ? Pour nous, Parisiens et Français, c'est vi-tal !!! Londres, Madrid et New York sont des villes de pays qui ont une pêche d'enfer. Elles s'en passeront très bien. Moscou, laissez tomber, personne n'aurait de tout façon envie d'y aller. Mais Paris et la France rêvent d'une nouvelle heureuse, d'un projet fédérateur, d'un objectif mobilisateur… Car, du moteur franco-allemand au modèle social français, de la France d'en bas à la France d'en haut, nous sommes en panne sèche, en arrêt maladie, au bout du rouleau. La dépression collective nous guette. Alors offrez-nous l'occasion de rebondir, de redynamiser notre ego, donnez-nous un coup de fouet salvateur ! Cela fait trois fois que Paris se propose, deux fois que vous la recalez. S'il faut vous supplier à genoux, nous vous supplions à genoux. Mais nous ne vous le demanderons pas une quatrième fois. Nous avons notre dignité. Bertrand Delanoë le mérite. Ainsi que toute l'équipe du comité parisien de candidature. Et puis il y a ce pauvre Jacques Chirac… Si Paris échoue, vous savez que tout le monde au pays l'accusera d'avoir porté la scoumoune à la Ville lumière en se déplaçant en personne à Singapour. Cet homme a des torts, bien sûr, nous sommes les mieux placés pour le savoir. Mais ce camouflet serait trop cruel. Même son pire détracteur ne peut lui souhaiter si triste fin. Surtout si c'est pour offrir les Jeux à Londres, donc à Tony Blair, qui ne fait rien que l'embêter…

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vendredi 01 juillet 2005

Nouvelle frontière

A partir de ce vendredi, et pour six mois, Tony Blair sera le "président" des Vingt-cinq. Arrivera-t-il à redonner du tonus à une Union européenne aujourd'hui KO debout, après le rejet populaire franco-néerlandais de la Constitution et l'ouverture d'une grave crise intergouvernementale sur le budget futur de l'UE ? C'est tout le mal qu'il faut souhaiter au plus européen des premiers ministres que la Grande-Bretagne s'est donnée après son adhésion à la CEE en 1973. Depuis un mois, Blair a en tout cas bouleversé la donne. Il a d'abord suspendu le processus de consultation populaire outre-Manche. Ce faisant, il a été le premier dirigeant des Vingt-cinq à prendre acte concrètement du fossé existant entre les projets des élites de l'Union et les préoccupations de ses citoyens. Six des sept autres pays qui avaient également prévu d'organiser des référendums sur la Constitution européenne, lui ont emboîté le pas. Ensuite, au sommet de Bruxelles, Blair a refusé la tentative de Jacques Chirac de faire payer à la Grande-Bretagne la facture de son propre échec politique. Et il a profité de l'occasion pour poser brutalement la question de l'adéquation entre les orientations actuelles de l'UE et les défis de la mondialisation. Blair n'a certes pas le monopole de la bonne réponse, mais il s'agit bien de la seule interrogation qui vaille pour l'avenir immédiat des Européens. Après ses coups d'éclat, le "président" britannique de l'Union doit maintenant engager un débat constructif avec ses pairs, et ces derniers ne doivent pas se dérober. Car les Vingt-cinq réussiront ou échoueront ensemble…

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