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Jacques Chirac a perdu une bonne occasion de se taire, pour lui retourner le fameux compliment qu'il avait adressé aux ex-pays communistes d'Europe lors de la crise irakienne. Quoi de plus ringard en effet que sa déclaration sur la politique agricole commune (PAC), qualifiée par lui de "moderne et d'avenir", après l'échec, ce samedi, du sommet européen de Bruxelles. Quelle manière pathétique de donner raison à Tony Blair quand ce dernier refuse de céder sur le "chèque britannique" sans remise en cause de cette PAC qui rapporte gros à la France, mais qui plombe le budget communautaire et handicape l'agriculture du tiers-monde. Le Conseil européen s'est donc terminé sur une double pause du processus de ratification de la Constitution et de la négociation du budget 2007-2013 de l'Union. Franchement, ce n'est pas très grave. Sur la Constitution, c'est la conséquence logique du "non" franco-néerlandais. Quant au budget, il reste un an pour le boucler. En fait, seuls trois hommes avaient un intérêt crucial à aboutir coûte que coûte : Chirac, pour faire mentir ceux qui l'accusent d'être le poids mort des Vingt-cinq, Gerhard Schröder, en campagne électorale défavorable en Allemagne, et le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui voulait pouvoir se targuer d'un succès avant de céder à Blair la présidence du Conseil. Pour sa part, le Britannique préférait une bonne crise à un mauvais compromis. Et il ne lui déplaît pas d'être montré du doigt par l'attelage franco-allemand moribond. Car, maintenant, tout le monde va l'écouter attentivement avancer ses idées pour un renouveau de l'Europe.
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