Tristes sires
François Hollande voulait jeter un pavé dans la mare en déclinant l'invitation à Matignon. Le premier secrétaire du PS n'aura fait que quelques ronds dans l'eau en dénonçant la banalisation du FN, également reçu lundi par Dominique de Villepin. Car sa posture morale n'a inspiré aucune autre formation politique… Il faut dire que tout le monde a compris, depuis les années 80, que l'extrême droite ne se combat pas efficacement par l'ostracisme, mais en répondant concrètement aux préoccupations de ses électeurs. Hollande est bien placé pour le savoir, lui qui était déjà premier secrétaire du PS en 2002, quand son candidat présidentiel a réussi la prouesse historique de se laisser devancer par Jean-Marie Le Pen au premier tour. Cela dit, il est évident que Villepin, candidat non déclaré à la candidature 2007, faisait un calcul politique en ouvrant sa porte au FN… pour plaire à ses électeurs. Il n'entend pas laisser le monopole de la séduction populiste à son rival, Nicolas Sarkozy, qui a récemment promis de "débarrasser la France des voyous", de "nettoyer au Karcher" les banlieues violentes et de "punir" les juges laxistes avec les récidivistes. Mais n'oublions pas non plus que le thème du rendez-vous de Matignon était l'avenir de l'Union européenne après le référendum du 29 mai. A cette occasion, Villepin pouvait-il recevoir les partis représentés à l'Assemblée nationale sans convier ceux qui, comme le FN, comptent des élus au Parlement européen ? En tout cas, l'incident Hollande, sujet de tous les commentaires lundi, aura démontré que l'avenir de l'Europe constitue le cadet des soucis des hommes politiques français…
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Ce qui m'étonne dans cette actualité, c'est que si tout le monde a réagi à l'invitation du FN, personne n'a réagi à l'invitation de la LCR.
Tout se passe comme si les marxistes-léninistes faisaient eux partie de la grande famille démocratique, et pas le FN : il paraît à ce point naturel que la LCR puisse être conviée à la table du 1er ministre que nul n'y a trouvé à redire !
Pourtant, la LCR est porteuse de traditions politiques, et d'un programme, tout autant intolérants, sectaires, autoritaires que l'extrême-droite.
Il n'y a eu aucune prise de pouvoir d'Etat par les marxistes-léninistes qui ne se soit pas traduite par une oppression féroce contre les opposants et toutes les formes de "déviance" du canon prolétarien, une violence et un contrôle social par le parti unique, etc...
Le programme, les traditions politiques de l'extrême-gauche portent en elles la dictature, la répression sociale, la violence d'Etat, comme c'est le cas pour l'extrême-droite.
Si l'on s'offusque de l'invitation du FN, on doit, par parallèlisme, le faire pour la LCR.
Rédigé par:Franck | le mercredi 29 juin 2005 à 11h36
Que voulez-vous, par glissement on assimile l'extrême droite aux fascistes et autres nazis, le camp des méchants et des vaincus, alors que le bloc d'extrême gauche, PCF compris, fait lui partie du clan des alliés, donc des vainqueurs.
Ceci dit, le FN n'a jamais fait d'aussi bons scores que depuis que les illuminés mandatés par le camp du Bien absolu ont décidé un jour de voter des lois liberticides restreignant la liberté d'expression.
Rédigé par:Harald | le samedi 02 juillet 2005 à 13h26
"Ce qui m'étonne, c'est que si tout le monde a réagi à l'invitation du FN, personne n'a réagi à l'invitation de la LCR, comme si les marxistes-léninistes faisaient eux partie de la grande famille démocratique" ...
Bien vu !
Et bien sur aucun journaliste n'a juge utile (ou juste imagine ?) de poser la question a... Hollande !
Rédigé par:jc durbant | le lundi 18 juillet 2005 à 00h49