Confrontés à un défi, les Américains ont tendance, dit-on, à essayer toutes les mauvaises solutions avant d'appliquer la bonne. Les Français, eux, essaient une piètre solution et… n'en démordent plus ! A l'indispensable condition qu'elle leur plaise intellectuellement. Ainsi, dans la République du Verbe, le modèle français fait des merveilles. Car, comme l'enfer, il est pavé de bonnes intentions. Mais, dans la réalité mondiale du XXIe siècle, il est devenu un contre-modèle. Parce qu'il endette les générations futures, sans être performant économiquement ni protecteur socialement. Sur tous les fronts, que ce soit celui de la croissance, de l'emploi, des banlieues ou de l'immigration, il bat en retraite dans le désordre. En promettant de nettoyer une cité où un enfant de 11 ans peut être tué par une balle perdue et en appelant les Français à travailler pour ne plus plomber l'avenir, Nicolas Sarkozy et Thierry Breton n'ont rien dit d'autre. Mais les belles âmes s'indignent des propos supposés incorrects des ministres de l'intérieur et de l'économie. Faut-il préférer les hommes politiques qui continuent de jouer du pipeau sur le thème du modèle français ? Pour paraphraser l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, il serait temps d'expliquer que devenir plus performants constitue la meilleure des protections sociales. Et que cela signifie remettre en cause quelques mauvaises habitudes acquises au nom de l'exception française. Les électeurs se sont lâchés en 2002 et en 2005. Il est urgent que les hommes politiques se lâchent également, en paroles mais surtout en actes, pour rattraper le temps perdu…
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