Le moderne et le ringard
En réponse au vibrant credo de Tony Blair pour un renouveau européen, un discours chaudement applaudi jeudi par les eurodéputés de Bruxelles, Jacques Chirac a appelé à la rescousse la statue du Commandeur, le général de Gaulle. Quand le premier ministre britannique parle des défis de l'avenir, le président français invoque les épreuves du passé. Tout un symbole. Recevant à l'Elysée des anciens combattants de la France libre et de la Résistance, Chirac a remémoré l'esprit de l'Appel du 18 juin… avec cinq jours de retard. A une semaine du début de la présidence britannique de l'Union, le 1er juillet, Blair a défendu et illustré sa conviction qu'il est possible de marier les idéaux européens avec le monde moderne. Pour lui, face aux défis et aux opportunités de la mondialisation, l'Europe politique et sociale ne se construira que si elle fonctionne économiquement pour offrir croissance et emplois à ses citoyens. Comme le réussit actuellement la Grande-Bretagne. Tandis que Blair se présentait en leader d'une Jeune Europe, Chirac préférait endosser les habits de "l'homme qui a dit Non". Une manière pour lui de tenter de se poser a posteriori en chef des "nonistes" français. Arc-bouté sur son pré carré, le président fait ainsi l'aveu implicite qu'il espère durer en France plutôt que convaincre en Europe. Chirac fait mine d'oublier que le premier ministre britannique de 1939-1945, Winston Churchill, joua un rôle autrement décisif que de Gaulle dans la libération du Vieux Continent. Gageons que Blair inspirera également plus les Européens d'aujourd'hui qu'un gaulliste de circonstances proche de la sortie…
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Quand j'ai lu votre article sur yahoo, je me suis demandé si on vivait dans le même monde. Vous êtes tout à fait dans la mouvance de l'inteligencia journalistique Parisienne post NON: hystérique et déconnectée.
On sent bien le côté les français sont des veaux dans votre texte (votre côté Gaulliste peut être). Concernant le virtualisme du discours de Blair, qui a été à bonne école avec son maître Bush, permettez moi de siter le Luxembourgeois Junker :
« Mr Juncker also rejected Mr Blair’s assertions that seven times more is being spent on farm subsidies than on research and development.
» “The CAP is the only real community policy entirely financed by the EU budget. Research is essentially a national budget, supported by the European budget. You cannot compare the two”, he said. He added that combined EU and national level money for research spending would bring the total to 525bn euros, well over the 305bn euros earmarked for agriculture from 2007-2013. »
Je vous rapelle que l'Angleterre à perdu sa première place européenne au profit de la France dans le domaine de la recherche à cause de sa politique avec les USA et plus particulièrement de BAE.
Je vous rapelle également que la France est le dernier pays d'Europe à avoir des capacités technologiques en matière d'armement.
Soyez lucide, le ringard c'est peut-être vous.
Rédigé par:Axel | le vendredi 24 juin 2005 à 17h24
Je suis totalement d'accord avec ce point de vue et propose de lancer un comité de soutien des Français à Tony Blair.
Je suis fier et soulagé d'avoir pour l'Europe un Président moderne avec un discours lucide, ambitieux et réformateur. Quel contraste avec les momies et chammalows mous qu'on est obligés de de se taper en France. C'est pathétqiue.
Vive Blair ! Vive l'Europe.
Rédigé par:PEP | le samedi 25 juin 2005 à 11h34
Je vous recommande un édito de Philippe Béchade qui a le mérite de remettre les choses dans l'ordre à propos de votre modèle britannique à suivre :
"PSEUDO "MODELE FRANCAIS" CONTRE MONOPOLY ANGLAIS
Depuis le 29 mai dernier, il transparaît que l'imminence de la présidence de l'Europe par Tony Blair suscite l'espoir que les 6 prochains mois sur le Vieux Continent seront placés sous le signe du "changement".
Nous ne nous faisons guère d'illusion sur la capacité des britanniques à imposer une refonte du budget européen après le calamiteux sommet de Bruxelles qui a vu Tony Blair faire délibérément capoter (à la dernière minute) un N-ième "compromis" sur le financement des institutions européennes et la répartition des fonds structurels en faveur des 10 derniers pays "entrants"... mais nombreux parmi nos élites tricolores espèrent ouvertement qu'un nouvel esprit réformiste va souffler du Bundestag à l'Elysée et que la fin de règne de Jacques Chirac et de Gerhard Schröder (programmée pour septembre Outre-Rhin) annonce également l'enterrement de modèles sociaux économiques obsolètes.
La présidence de Tony Blair devrait offrir une tribune inespérée aux idées libérales en vogue Outre Manche, et une bonne partie de l'intelligentsia industrielle et financière espère qu'une bonne partie de la presse et des médias "progressistes" se fera l'écho d'un "débat salutaire" opposant le dernier carré flageolant des tenants d'une Europe "des blocages et de la récession" au troupes fraîches et vigoureuses adeptes de la "flexibilité et de la croissance".
Présenté comme cela -- et avec l'appui de commentateurs compétents (pas du type de ceux qui ont défendu le "NON" au printemps dernier) --, il ne fait aucun doute que les foules sauront choisir le "bon camp" et décider de leur "plein gré" où se situent leurs véritables intérêts... le référendum sur la Constitution Européenne ayant démontré que les principes de construction et d'intégration hérités du Traité de Rome ont fait leur temps.
S'agissant du modèle "libéral" britannique (où le secteur public a créé 80% des emplois au Royaume Uni l'an passé contre moins de 50% en France), nous nous étonnons que le front désuni du "NON" au Traité Constitutionnel ne manifeste pas son étonnement admiratif (et son adhésion) alors qu'il est justement reproché aux gouvernements successifs de "centre droit" d'avoir prouvé leur incapacité à redonner du "peps" au marché du travail.
A propos de "peps", il suffit de comparer les yeux fatigués et les paupières tombantes de certains grands leaders d'Europe continentale au sourire "ultra brite" du Premier Ministre britannique pour comprendre de quel côté se situe "l'espoir dans l'avenir" et les politiques économiques qui donnent de fiers résultats (en quelque sorte la "génération Sarkozy" ?).
Nous plaisantons bien sur ! Il ne s'agit là que d'arguments triviaux et primaires glanés au détour des récentes campagnes électorales américaines... dont tous les citoyens européens savent bien qu'elles jouent sur le cerveau reptilien des électeurs US (peurs, agressivité, instinct grégaire...), alors que les conseillers en communication de ce côté-ci de l'Atlantique ne s'adressent qu'aux zones les plus subtiles du néo-cortex de "l'homo-sapiens-sapiens".
Car jamais les électeurs européens n'iraient s'abrutir devant des émissions de télé réalité (ou des matchs de foot "pliés" avant même d'avoir commencé) pour meubler les RTT "conquises de haute lutte" (puisque personne ne les avait réclamées !) : le citoyen de la Vieille Europe défend un "modèle" et saura résister aux Sirènes trompeuses du libéralisme anglo-saxon (de la même façon que l'Angleterre du temps de l'Empire Victorien su défendre le "tea time" partout où la carte du Monde s'était recouverte de couleur rose).
Malheureusement, nous avons beau interroger les "forces vives" de l'Hexagone (les journalistes, les entrepreneurs et les édiles investis de la "puissance publique"), personne n'est en mesure de nous brosser en trois phrases le portait du "modèle français". Nous avons plutôt le sentiment que nos interlocuteurs nous décrivent "en creux" le modèle britannique honni (souvent pour de bien mauvaises raisons à notre sens).
Nous entendons beaucoup d'arguments de mauvaise foi de part et d'autre de la manche et si les idées nous paraissent actuellement plutôt embrouillées à l'est de Calais, elles nous apparaissent en revanche beaucoup trop simplistes à l'ouest des falaises de Douvres. Et Tony Blair illustre à merveille cette opposition de style en lançant ce genre de slogan qui fait les délices des lecteurs de la presse "tabloïd" avec pin-up (siliconée) topless en page 3 : "l'Angleterre veut bien investir de l'argent dans des emplois, pas dans des vaches".
Voilà un fâcheux préjugé qui présuppose qu'élever des vaches, ce n'est pas un vrai travail (voire une activité contre-productive) et que la filière agricole n'a qu'à filer à l'anglaise sous d'autres cieux (et toutes les professions du secteur agroalimentaire, de la distribution, de l'outillage agricole, du génie génétique à sa suite).
L'Angleterre produit, c'est évident, la chose la plus utile au monde : du crédit, des montagnes de crédit... et toute l'industrie qui va avec (gestion des dérivés de crédit, produits structurés... de dérivés de crédit immobilier, etc).
L'analyse des encours (de crédit bien entendu) au Royaume Uni donne un résultat assez éloquent : pratiquement rien pour la production de biens manufacturés (15%) et le reste concerne le crédit à la consommation (25%) et surtout la spéculation immobilière (le cap des 1 000 milliards de livres vient d'être franchi à la mi-juin alors que les prix du foncier ont triplé en 10 ans).
Pour comprendre la situation Outre Manche, il suffit d'évoquer une gigantesque partie de Monopoly où la règle des 20 000 livres alloués à chaque tour de circuit aurait été légèrement modifiée par la Banque Centrale et l'industrie du crédit qui constitue le coeur de métier de la City : il suffisait de pas grand chose, pas la peine de réécrire tout le fascicule d'explication et d'instaurer des "garde fous"... non, c'est tout simple, rien qu'un tout petit zéro de plus imprimé au milieu de la case "départ", à savoir, percevez 200 000 livres à chaque passage.
Alors l'argent ainsi distribué en quantité quasi illimitée ne crée rien, sinon une gigantesque bulle immobilière d'où il découle effectivement un formidable sentiment de richesse et de confiance en soi, totalement illusoire mais si grisant.
Alors que les pays de la zone Euro ont enfilé la camisole des 3% de déficits (et la BCE cherche en permanence les moyens de resserrer les lanières et les boucles de contention) , l'Angleterre caracole à plus de 7% de déficits publics (avec hyper inflation dans le secteur de la pierre, le plus stérile des actifs patrimoniaux).
Oui, dans ces conditions, sans le souci de gérer des réalités économiques hétérogènes de la Finlande au Portugal et de l'Italie à l'Irlande, à condition de ne se fixer aucune règle en matière de dérive budgétaire, en distribuant du crédit à tout va à des emprunteurs qui se ruent sur des biens immobiliers qu'ils n'ont aucun moyen de s'offrir (même sur 25 ou 30 ans) mais qui vivent de l'espoir d'en extraire une plus-value (en revendant à plus naïfs ou plus insensés qu'eux), il est possible, voire totalement inévitable, que l'effervescence engendrée par l'excès de crédit véhicule l'illusion, nécessairement passagère, d'un "modèle libéral" surfant sur la dynamique du succès.
Et comme toujours, la tentation d'imiter les apprentis sorciers de la bulle immobilière (Bercy étudie l'implantation d'un système de refinancement hypothécaire "à la française") va culminer au moment même ou le système anglo-saxon risque d'exploser : qui oserait dénoncer le manque de "solidarité" des européens... dans leur attrait pour les parties de Monopoly les plus délirantes ?"
Philippe Béchade,
Rédigé par:Bernard | le jeudi 30 juin 2005 à 20h09
L’actualité de ce mois a été surtout marquée par les évènements tristes de Londres et de Charm El-Cheikh en Egypte. Cinquante huit (58) morts dans un premier temps à Londres et ensuite quatre vingt huit (88) autres dans la station balnéaire égyptienne. L’atrocité, la monstruosité et la barbarie des actes ont tous été dénoncé à commencer par tous les présidents de la planète, politesse oblige…Tous n’ont pas hésité à utiliser des mots très durs à l’endroit des extra-terrestres qui ont commis ces actes de sauvage, de Chirac à Bush, en passant par Paul Martin, Tony Blair, Kofi Annan ou encore Hosni Moubarak qui lui qualifiait l’acte de « criminel et lâche ». Pendant ce temps et alors que les familles des victimes ne savent toujours pas tous encore si oui ou non elles doivent se mettre en deuil, à l’ONU, ils ont enfin décidé de prendre le taureau par les cornes et de « définir le (mot) terrorisme »…
Rédigé par:S. | le mardi 02 août 2005 à 05h22