On remet ça ?
Si le son était coupé dans cette dernière semaine de campagne, avec Lionel Jospin et Jacques Chirac en vedette à la télévision, celle-ci aurait un furieux air de déjà vu. Mais la politique hexagonale n'a pas fini de bégayer : il est fort probable que les Français aient droit à un second référendum sur la Constitution européenne fin 2006, début 2007. Et c'est sans doute le scénario le plus favorable à la France et à l'Europe. Car, en cas de victoire du "non", le plan B comme Blair pourrait aussi s'appliquer. Les gouvernants des pays qui trouvent la Constitution trop franco-allemande et trop sociale pourraient la déclarer morte-née et se contenter du traité de Nice. Mais une majorité d'Européens estiment sans doute que les nations naissent libres et égales en dignité et en droit. Des refus français et néerlandais n'aboliraient donc pas les décisions souveraines des pays qui ont déjà dit "oui" et ne devraient pas interrompre le processus de ratification prévu pour durer jusqu'à l'automne 2006. A la fin, les chefs d'Etat et de gouvernement compteraient sur les doigts d'une main les membres de l'Union qui ont dit "non" (France, Pays-Bas, etc.) et leur demanderaient de revoter. C'est le plan B, comme bis repetita. L'Union avait déjà recouru à cette solution avec le Danemark (traité de Maastricht) et avec l'Irlande (traité de Nice). Et la France n'étant pas sortie de la cuisse de Jupiter, il serait logique de lui demander à son tour si elle désire réellement s'écarter de la construction européenne dans cette nouvelle étape voulue par la majorité des citoyens de l'Union.
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