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mardi 08 février 2005

Ciao, Eric !

Il n'est pire injustice que la mort à trente ans. Mais lorsque, de surcroît, c'est un être cher, animé d'une rage de vivre irrésistible, qui nous quitte brusquement, par accident, on a envie de crier - j'ai crié, ce maudit 8 février !

Enfant, Eric Venturini a vaincu le cancer. Adolescent, il a surmonté les difficultés d'un milieu modeste et réussi de brillantes études supérieures. Journaliste communiste, il a su conquérir son indépendance et devenir un spécialiste reconnu, reporter et analyste, de l'Amérique centrale et latine. Sans jamais se renier.

Car sa force vitale, par delà même son engagement, c'était une rare exigence morale. Comme tous ses amis, je garderai surtout - avec le chaud souvenir de tant de journées de bonheur passées ensemble - l'image d'un juste. Fidèle, Eric l'était à ses origines ouvrières et italo-lorraines ; à ses amis et à ses amours ; à ceux avec lesquels il travaillait ; à son idéal. Si un jour la gauche renaît en France, ce sera avec des hommes et des femmes de la trempe d'Eric.

Lorsqu'il eut trente ans, Julien Clerc reçut de Maxime Leforestier une superbe chanson, dont une phrase fascinait Eric - nous en discutions lors de son anniversaire, le 18 janvier dernier - : "Ce qui n'est pas ne sera pas plus tard". Elle vient de prendre un sens terrible, insupportable.

Mais, comme Eric aimait à le dire en patois romagnol : "Ci rivedremmo a la fiera al borgo" (1).

Dominique Vidal, © Témoignage chrétien 1990

(1) Textuellement : "On se reverra à la fête du village". En fait, une manière de se dire au revoir...

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