Savoir perdre
George W. Bush peut sabler le champagne. John F. Kerry a reconnu la victoire sans bavure du président sortant. L'équipe démocrate a visiblement eu besoin d'un peu de temps pour digérer le résultat de l'élection. Mais, en homme politique responsable, le sénateur du Massachusetts a résisté à la tentation d'entraîner l'Amérique dans une nouvelle aventure juridique qui aurait durablement divisé le pays. Et cela en pure perte. Car l'Ohio 2004, où Bush l'emporte avec près de 140.000 voix d'avance, n'a rien à voir avec la Floride 2000, où son avance finale n'avait été que de 537 suffrages. Le président réélu devrait obtenir, une fois tous les résultats proclamés, une confortable majorité de 286 grands électeurs sur 538 dans le collège électoral (31 Etats sur 50 pour Bush). Il gagne également de manière indiscutable le vote populaire au niveau national, avec un avantage de plus de 3,5 millions de voix sur Kerry. Les Américains ont donc réélu Bush Jr mieux qu'ils ne l'avaient élu il y a quatre ans. En 2000, son avance sur Al Gore n'avait été que de 5 grands électeurs et il avait perdu le vote national de quelque 500.000 voix. Pour son second mandat présidentiel, George W. Bush aura de ce fait les coudées franches, d'autant que le Parti républicain a conforté sa majorité au Congrès fédéral. Comme les démocrates et les électeurs de Kerry, le reste du monde va devoir maintenant digérer la victoire du président le plus impopulaire de la planète. Car le peuple américain s'est prononcé souverainement. Et il a renvoyé sans hésiter Bush à la Maison Blanche pour quatre années supplémentaires.
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