L'inquiétant Poutine
Le résultat des élections législatives russes de dimanche offrent à Vladimir Poutine un pouvoir sans partage qui doit être couronné en mars prochain par sa réélection à la présidence. Son parti et ses alliés disposent de la majorité absolue dans la nouvelle Douma. Certains seront rassurés de voir l’ex-Union soviétique bien en main, estimant que la transition d’un Etat totalitaire à une démocratie pleine et entière prend du temps. Et que l’alternative à court terme serait une forme ou l’autre de chaos dangereux pour le reste du monde. Les autres craindront la poursuite, après le tsar et le secrétaire général du Parti communiste, de la tradition autoritaire et impérialiste russe sous une autre forme. Sans doute est-il trop tôt pour tirer une conclusion définitive. Quoi qu’il en soit, le locataire actuel du Kremlin détient actuellement tous les leviers du pouvoir. La manière dont son parti a remporté le scrutin législatif ne soulève pas d’enthousiasme dans les capitales occidentales. Les dirigeants européens ne se sont pas précipités pour féliciter le chef de la Russie. Les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et du Conseil de l’Europe ont qualifié ces élections de « régression » du processus démocratique, tant l’appareil d’Etat et les médias ont été mis au service de la formation présidentielle. Un avis partagé par la Maison Blanche. L’Amérique et l’Europe devront trouver les arguments pour convaincre Vladimir Poutine que la Russie n’a d’avenir que dans le camp des démocraties.
© La Croix

Commentaires