Le gâteau de la reconstruction
Les Allemands sont stupéfaits. Les Français cherchent la faille juridique. Les Russes n’en croient pas leurs oreilles. Les gouvernements du «camp de la paix» dans l’affaire irakienne n’apprécient pas du tout que les Etats-Unis n’offrent pas à leurs entreprises l’occasion de participer aux appels d’offres pour les 26 premiers contrats de reconstruction de l’Irak. Ces contrats seront en effet réservés aux 63 pays que Washington range dans la «coalition» soutenant sa politique en Irak. Depuis la chute de Bagdad, à chaque fois que les gouvernements hostiles à l’intervention militaire du printemps dernier parient sur une ouverture américaine, un démenti cinglant ne tarde pas. L’administration Bush serait plus élégante en ne privant pas les sociétés allemandes, françaises et russes du gâteau de 15,2 milliards d’euros que constituent ces contrats. Plus avisée aussi, si elle espère encore une implication de Berlin, Moscou et Paris dans la stabilisation de l’Irak. Mais, en année électorale, George W. Bush serait-il compris de ses compatriotes, alors que les GI paient le prix du sang et qu’il s’agit de contrats financés par les dollars des contribuables américains ? Le président avait déjà dû mettre tout son poids dans la balance pour que les élus du Capitole ne transforment pas ce budget d’aide à la reconstruction en prêts remboursables sur les futurs revenus pétroliers irakiens. Face à la «mesquinerie» de la Maison Blanche, l’ex-«camp de la paix» ne doit pas donner l’impression de quémander des bénéfices de la guerre...
© La Croix

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