Les jeunes ont bien du mérite de rêver d’Europe à l’heure où les gouvernants se chamaillent à qui mieux mieux. Les débats, pour ne pas dire les disputes, sur le pacte de stabilité issu du traité de Maastricht, sur le traité de Nice et le projet de Constitution européenne, sans oublier l’Irak ou la défense commune, ont évidemment une importance cruciale pour le futur de l’Union à vingt-cinq. Mais quel spectacle pour les jeunes générations ! Elles auront bien compris qu’il s’agit de questions sérieuses pour l’avenir. Mais aussi que les rapports de force et de pouvoir participent de la zizanie ambiante dans la grande famille européenne. On est loin du lancement euphorique de l’euro et de la réunification romantique de l’ouest et de l’est du continent. Et pourtant, jamais sans doute dans l’histoire, les jeunes Européens, d’Oslo à Athènes et de Varsovie à Madrid, n’auront été aussi proches. En raison de la paix et de la démocratie qui règnent dans les vingt-cinq pays qui s’uniront le 1er mai prochain. Par la consommation et les loisirs, certes. Mais aussi parce qu’aucune génération européenne n’a autant eu l’occasion d'échanger, que ce soit dans le cadre des études ou du tourisme, et même tout simplement par Internet. Si l’Europe politique a bien du mal à se faire, celle des jeunes va de l’avant. Ce sera la grande affaire du XXIe siècle européen. Il ne faudrait pas oublier de la célébrer…
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